BRUXELLES Les femmes belges gagnent en moyenne 400 euros brut de moins par mois que les hommes, selon des chiffres publiés mercredi par la FGTB. La faute à la politique de gestion du personnel des entreprises, mais également à l’organisation de la société en général, souligne le syndicat socialiste. Il entend réduire cet écart salarial entre hommes et femmes et lancera à cet effet sa troisième campagne Equal Pay Day le 30 mars. « Des études montrent que les femmes ayant entre 25 et 44 ans ont un plus haut niveau d’études que les hommes, mais, malgré cela, elles sont très peu représentées dans les fonctions dirigeantes », a déploré Anne Demelenne, secrétaire générale du syndicat socialiste. Outre l’inégalité face aux fonctions à responsabilités, les femmes sont également moins bien payées que les hommes pour des fonctions équivalentes. En Belgique, on estime l’écart salarial à environ 26 % à l’avantage des hommes. La Belgique se situe dans les bons élèves européens mais, pour la FGTB, elle pourrait encore faire mieux. « Avec les outils dont la Belgique s’est dotée depuis 30 ans, il est possible de diminuer encore cette différence de salaire. Encore faut-il faire changer les mentalités », commente Anne Demelenne. Car, les études le montrent, les femmes s’orientent plus vers les secteurs sociaux, moins porteurs en termes de salaires.
Les femmes sont également beaucoup plus nombreuses que les hommes à opter pour un emploi à temps partiel. Près de la moitié (41,5 %) des femmes choisissent en effet cette formule, pour 7 % des hommes.
« Mais les femmes sont en général peu conscientes des conséquences que ce choix peut avoir sur leurs droits sociaux, note Anne Demelenne. Avec un temps de travail réduit, elles perdent le droit à des allocations de chômage ou de maladie et une pension complète. On se retrouve donc avec un risque de pauvreté qui touche particulièrement les femmes. »
Pour lutter contre l’écart salarial, la FGTB propose, par exemple, aux entreprises de tenir compte de la « dimension du genre » et d’adopter des mesures pour assurer une meilleure représentativité des femmes dans les fonctions dirigeantes.