Sans le désigner par son nom, l’armée américaine a annoncé l’arrestation d’un haut responsable du ministère de la Santé soupçonné d’avoir joué un rôle central dans l’infiltration du ministère par des miliciens de l’Armée du Mehdi de Moktada Sadr.

Des responsables du gouvernement et des témoins ont déclaré que le vice-ministre de la Santé Hakim Zamili, du mouvement politique de l’imam Sadr, avait été arrêté durant l’intervention de soldats américains et irakiens au ministère à Bagdad.

« Il est soupçonné de financer le JAM par l’embauche à grande échelle de membres de la milice », dit un communiqué militaire utilisant l’acronyme de la milice.

« Ces miliciens passent pour avoir frappé des civils irakiens en utilisant des installations et des services du (ministère de la Santé) pour des enlèvements et des meurtres communautaires. Par sa corruption, le suspect passe pour avoir canalisé des millions de dollars américains vers le JAM. »

Le Premier ministre Nouri al Maliki, de confession chiite, s’est engagé à réprimer les activistes chiites tout comme les sunnites dans l’offensive qui s’engage à Bagdad. Ses critiques avaient attribué l’échec d’une opération précédente au fait que Maliki avait évité de traquer les miliciens chiites liés aux partis représentés dans sa coalition.

Le frère de Zamili, Walid, employé du ministère de la Santé, a démenti les accusations portées contre lui.

« Quand ils arrêtent une personne du courant de Sadr, ils portent ce genre d’accusations », a-t-il dit à Reuters. L’armée américaine a intensifié ses opérations contre certains partisans de Sadr et l’Armée du Mehdi, accusés de meurtres, de rapts et d’autres exactions dans le conflit entre chiites et sunnites.

17 MORTS SUR UN MARCHE, 14 HOMMES ABATTUS DANS UN VILLAGE

L’arrestation de Zalimi a eu lieu un jour après l’annonce par l’armée américaine du début de la nouvelle opération de sécurité à Bagdad, considérée comme une dernière tentative pour empêcher l’Irak de basculer entièrement dans la guerre civile.

Un représentant du courant politique de Sadr a accusé l’armée américaine de provocation et exigé le libération immédiate de Zamili. Les services de Maliki n’ont pas fait de commentaires jusqu’ici.

« Vers 09h00 aujourd’hui, des soldats américains accompagnés de soldats irakiens ont pénétré dans le ministère, forcé les gardes à s’allonger par terre et ont emmené Zamili », a déclaré Kassem Allaoui, porte-parole du ministère de la Santé. « Ils ont terrorisé tous les employés en défonçant les portes et en brisant des objets. Certains employés ont fui vers les rues. »

Les forces américaines et irakiennes ont arrêté ou capturé des centaines de partisans de Sadr ces dernières semaines. En janvier, des soldats américains avaient arrêté le porte-parole de Sadr à Bagdad, le cheikh Abdoul Hadi al Darradji.

« Zamili fait partie du gouvernement. Le Premier ministre Maliki ne doit pas rester les bras croisés. C’est lui peut-être qui sera arrêté demain », a déclaré à Reuters Abdel Mahdi al Matiri, l’un des responsables du mouvement sadriste.

Par ailleurs, au fil des violences quotidiennes qui se poursuivent en Irak, une voiture piégée a explosé sur un marché d’Azizia, ville à majorité chiite au sud de Bagdad, faisant 17 morts et 27 blessés, ont rapporté policiers et médecins. Azizia se trouve à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad.

A 80 km au nord de la capitale, des hommes armés circulant à bord de deux véhicules ont tué à l’arme automatique 14 hommes appartenant à la même famille sunnite dans deux habitations du village de Rafiyaat, près de la ville de Balad, a rapporté la police. Les assaillants ont séparé au préalable les hommes des femmes et des enfants. Un quinzième homme a survécu au massacre et a été hospitalisé dans un état grave.

Les forces américaines ont tué 13 insurgés au cours d’un raid aérien sur une ville à majorité chiite au sud de la capitale, et un attentat au véhicule piégé a fait six morts et dix blessés à Bagdad même.

Le président américain George Bush a affecté 17.500 soldats de plus à l’offensive de Bagdad. Jeudi, de nouveaux points de contrôle ont été mis en place dans certains quartiers de la ville tandis que des soldats irakiens déployaient des barbelés et surveillaient les hôpitaux.