BOURG-LÈS-VALENCE La police judiciaire française a mené samedi une perquisition au domicile de la mère du petit Julien, disparu depuis le 29 janvier à Bourg-lès-Valence (Drôme), et de son compagnon, qui s’est suicidé le 31 janvier, privilégiant à nouveau la piste familiale. Certains enquêteurs, appartenant à la police scientifique d’Écully (Rhône), revêtus de combinaisons blanches et portant des gants, étaient munis d’un produit révélateur sanguin. L’avocat de la mère de Julien, Me Naceur Derbel, a regretté cette nouvelle perquisition qui montre, selon lui, que la première, effectuée juste après la disparition du garçonnet, a été mal faite. « C’est dommage que l’on revienne en arrière aujourd’hui. Le travail initial n’a pas été fait dans sa totalité » , a-t-il déclaré.
Interrogé par l’AFP, le procureur de la République de Valence, Jean-Pierre Nahon, s’est refusé à tout commentaire sur les résultats de la perquisition, se retranchant derrière le secret de l’instruction.
La mère de Julien, Marie-Nadège Séry, a assisté à l’intégralité de la perquisition avant de repartir vers 21 h dans une voiture banalisée de la police. « Rien ne pourra se faire tout de suite car les résultats ne vont pas arriver tout de suite » , a précisé Me Derbel à l’AFP. Interrogé sur une possible nouvelle audition de Mme Séry, l’avocat a déclaré que, « pour le moment, il n’y avait pas de date » , en précisant que ce serait « normal ». « Cette famille a besoin de savoir. Aujourd’hui, on est sur le terrain des hypothèses. Ils ont fait des recherches d’éventuelles traces de sang, d’éventuelles preuves d’ADN » , a expliqué Me Derbel.
Le compagnon de Mme Séry, Jean-Éric Zemia, 43 ans, qui a été inhumé mercredi à Bourg-lès-Valence, s’était suicidé après avoir passé 12 h en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Julien, laissant une lettre clamant son innocence. « Pour le moment, je suis l’avocat d’une femme qui ne veut pas accepter et ne peut pas admettre que son compagnon ait pu attenter à la vie de son gosse » , a encore déclaré Me Derbel.
« Si des preuves scientifiques incontournables viennent nous dire que, malheureusement, c’est M. Zemia qui a donné la mort au petit Julien, à ce moment-là on s’inclinera » , a-t-il ajouté. L’avocat de Mme Séry a souligné qu’on amenait à sa cliente « tous les jours des éléments qui tendent à dire que c’est M. Zemia l’assassin » .
M. Nahon avait annoncé jeudi l’ouverture d’une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration » , suite à la procédure d’enquête diligentée par la PJ, ainsi qu’à la plainte avec constitution de partie civile déposée par Mme Séry pour avoir accès au dossier.
De nouvelles fouilles menées dans un lieu marécageux, au lieu dit Les Petits Robins à Livron, à une vingtaine de kilomètres du domicile de la famille, n’ont pas permis de retrouver le corps du petit Julien. Julien, trois ans, a disparu de l’appartement familial alors que sa mère, selon ses dires, faisait la sieste.