WATERLOO Un conte de fées. Une belle princesse. Jeune. Un beau prince, fortuné… de 30 ans son aîné. Une belle histoire d’amour qui a duré pendant 28 ans entre Paul et Colette. Hélas, pour le prince charmant, cette belle idylle vient de virer au cauchemar. À 81 ans, Paul, qui était pourtant millionnaire, est ruiné. Celle qu’il a tant aimé lui a tout pris, dit-il. « Il ne me reste rien, 700 euros de pension ». À moins que la justice ne donne raison à l’octogénaire. « Mais elle a tellement bien arrangé cela pendant des années. Je vais perdre, je le crains ». Une perte sentimentale et financière. « Nous nous sommes connus en 1978. J’avais 53 ans, elle en avait 24. Ça faisait une belle différence », commente Paul. Marié, Paul tombe pourtant éperdument amoureux de la meilleure amie de sa femme, Colette. « Trois mois plus tard, elle avait sa Porsche. Comme on est con à cet âge quand même ! Et au bout de 6 mois, elle recevait une villa meublée avec style à Lillois ».
En 1980, Paul décide de créer sa société. Une teinturerie à Waterloo. Une mine d’or qui rapporte rapidement beaucoup d’argent et qui permet d’entretenir le train de vie du couple.
« Nous avons eu un enfant ensemble. Il a aujourd’hui 27 ans. Je n’ai jamais quitté ma femme. Elle a eu deux cancers, je ne pouvais pas l’abandonner ». Et pendant des années, Paul et sa maîtresse ont eu une belle vie comme il dit. « Achat d’un appartement à Waterloo. Acquisition d’un terrain où on a construit une magnifique villa. Achat de voitures anciennes que nous avons restaurées. Et puis achat d’un bateau, d’un appartement à Sainte-Maxime ».
Rien n’était trop beau pour Colette. Paul, fou amoureux, était prêt à tout. Prêt à dépenser chaque centime durement gagné dans ses magasins. Car au fil des années, ses affaires sont devenues de plus en plus prospères. Les teintureries ont fait des petits A Fort Jaco (Uccle), à Lasne entre autres. « Mais j’étais beaucoup plus âgé. J’allais donc mourir avant elle. Et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de mettre tout à son nom. En plus, c’était elle qui s’occupait de toute la comptabilité ». L’amour rend aveugle comme on dit…
La teinturerie initiale de Paul, Colette en fut l’administrateur délégué très prospère, était exploitée à son maximum. Telle une véritable vache laitière, chaque franc qui y était gagné était réinjecté dans ses autres commerces. Enfin, les commerces de Colette.
« Au fil des années, j’ai fait des augmentations de capital dans la première société, mais c’est elle qui se rendait chez le notaire. Tout était fait avec des actions au porteur qui étaient placées dans un coffre-fort à nos deux noms à la banque. J’avais toujours dit qu’il ne fallait pas ouvrir le coffre avant ma mort ».
Il y a quelques semaines, sentant le vent tourner, et se rendant bien compte que tout était fini entre lui et Colette et surtout comprenant qu’il n’avait plus rien, à part sa société, Paul est allé au coffre. « J’ai pris mes actions ». Le lendemain, Colette, qui ne devait pourtant pas avoir accès à ce coffre avant la mort de Paul, l’a découvert. Depuis, c’est la guerre. « Je ne suis pas mort assez vite sans doute. Elle réclame les actions. Nous passons devant le tribunal des référés le 21 février. Je ne suis pas mort assez vite. Moi, je ne demandais rien, juste de pouvoir continuer à vivre comme ça. Elle pouvait de toute manière tout avoir… À 81 ans, je ne coûte quand même pas cher… »