BRUXELLES « C’est ingérable d’être seule francophone autour de la table . » « Ils veulent que les entités fédérées paient, et Reynders est avec eux . »

Ces petites phrases, Joëlle Milquet (CDH) les prononçait au cours du reportage de la RTBF sur les coulisses de la crise, diffusé mercredi soir. Et c’est peu dire qu’elles ont fait chauffer les téléphones, chez les libéraux. Jusqu’à faire réagir sèchement Didier Reynders (MR).
« La limite est franchie ! », s’exclame le Liégeois dans l’entretien qu’il nous accorde. « Je prends acte de cette attitude d’une présidente de parti à l’égard d’un partenaire avec lequel, au moment où elle prononce ces phrases, elle est en train de négocier. Cela pose désormais, à tout le moins, un sérieux problème de confiance… »
La rupture serait-elle en train d’être consommée avec le CDH ? M. Reynders ne le dit pas. « Mais je prends bonne note « , insiste-t-il, « que la volonté de la présidente du CDH est de ne pas s’engager avec nous, malgré les décisions successives inverses des membres de son parti, comme le déclare Jean-Paul Procureur. Je prends aussi bonne note de son agressivité à notre égard. Visiblement, chez Madame Milquet, le choix est fait de nous prendre pour cible et de l’utiliser pour se faire passer pour la meilleure des francophones.  »
Au vu de cette émission, M. Reynders dit également « mieux comprendre la tentative du CDH, en début de semaine, pour que ce reportage ne soit pas diffusé maintenant…  »
Exclut-il la tripartite au Sud ? « Je l’ai toujours exclue, elle n’est pas nécessaire pour avoir la majorité au niveau francophone. De surcroît, cela n’amènerait qu’à des blocages . » Et une nouvelle tentative de réanimer l’Orange bleue ? « Je constate que, pour l’instant en tout cas, cette formule de gouvernement n’est pas possible…  »
Guy Verhofstadt a-t-il abandonné la piste ? Trop tôt pour le dire. Mais sa journée d’hier, consacrée à de la réflexion, ne l’a pas empêché, dit-on, de multiplier de nouveau les contacts.
Ce vendredi, après un Conseil des ministres, il s’envole pour Lisbonne, jusqu’à samedi soir. Il est possible de le voir se rendre au Palais dimanche pour faire rapport au Roi.
Après ? Prolongation très probable de la Violette et lancement d’un grand débat communautaire. Sans doute plus de la Convention, désormais fort critiquée au Nord. On opterait plutôt pour un débat où tous seraient invités, à l’image des négociations de l’Octopus qui avaient réformé la justice et les polices.