Une attaque en règle. Interrogé par des internautes dans un forum jeudi sur le site du Nouvel Observateur, Philippe Bilger, avocat général à la cour d’appel de Paris, a ciblé le manque d’expérience de Rachida Dati. Selon lui, la ministre de la justice « n’a pas été choisie par le président pour sa compétence » mais parce qu’elle « est une femme, un symbole et le chouchou du couple présidentiel ».
Bilger a ensuite expliqué avoir voulu dire « que la garde des Sceaux n’a pas été choisie prioritairement pour sa compétence, parce qu’il y avait d’autres critères plus dominants dans la tête de Nicolas Sarkozy », notamment celui de « porter en permanence la voix du président dans le milieu judiciaire ». « Je me suis contenté de reprendre ce que j’ai déjà écrit sur mon blog », a-t-il encore ajouté.Haut magistrat « de droite »

Aux internautes, il a enfin confié être « de droite » mais avoir « découvert sur le tard que profondément Nicolas Sarkozy n’aimait pas la magistrature et qu’il a promu une femme dont l’ambition n’est pas de complaire à l’institution dont elle a la charge mais, peut-être, de favoriser les seuls desseins judiciaires du président ».
Il dit ne pas connaître « personnellement » la garde des Sceaux et « espère qu’elle est autre chose que l’ombre suiveuse de Nicolas Sarkozy ». Après la polémique sur la récente convocation à la Chancellerie du vice-procureur de Nancy pour des propos contestés sur les peines plancher, Philippe Bilger considère que « Rachida Dati exerce, c’est clair, l’autorité politique sur le parquet, mais cela ne veut pas dire que littéralement, dans les pratiques quotidiennes, elle soit le chef des procureurs ».
Et il lance un avertissement ferme : « Je ne tolèrerai pas qu’en amont, elle vienne se pencher sur mon épaule pour me dire ce que je dois requérir ».