FOURONS « Pour avoir un accord, il faudra bien que quelqu’un recule. Reste à voir qui va reculer et comment ? », s’est demandé José Happart lors de la 31e Fête du peuple fouronnais. On l’aura compris, l’essentiel des discours politiques prononcés ce dimanche à Fourons a évidemment tourné autour de la crise politique du moment. Avec, toujours dixit José Happart, cette certitude, celle qu’il n’y aura ni scission ni partition du pays : « En dehors de deux ou trois fêlés du Vlaams Belang, qui y aurait intérêt ? Les Flamands ? Mais ils ont déjà tous les pouvoirs dans ce pays… ». Pas de séparation en vue pour le Fouronnais mais un passage, voulu par les Flamands, du fédéralisme d’union au confédéralisme. Pour les francophones, il faut s’y préparer « sans se faire peur « , et c’est aussi là le sens des différents discours prononcés cette fin de week-end. Avec des nuances, évidemment, selon que l’on porte les couleurs verte, orange, bleue ou rouge.
Les socialistes, par exemple, ont ressorti le dernier en date de leurs gadgets politiques en demandant, par la voix du bourgmestre de Liège Willy Demeyer, le rattachement des Fourons à la province de Liège. Une proposition incongrue, déjà formulée cette semaine en d’autres lieux, et qui ne se trouve même plus dans le cahier des revendications des francophones fouronnais. Désormais fortement minoritaires au conseil communal – ils n’ont plus que six conseillers contre neuf au Voerbelang -, ils demandent, depuis quelques années maintenant, le birégionalisme pour la commune.
La piste pourrait également être suivie pour d’autres dossiers actuellement sur la table des négociations. Pour celui de la périphérie bruxelloise notamment dont il a évidemment aussi été beaucoup question ce dimanche à Fourons. Avec en filigrane cette demande, de ceux qui ne sont pas dans la négociation orange-bleue, de se montrer beaucoup plus fermes avec les Flamands. « Lorsqu’on remet les facilités en question, pourquoi ne dirait-on pas aux dix pour cent de Flamands établis à Bruxelles que ces facilités-là sont aussi négociables ? » , se demande en substance José Happart…
Là, on est évidemment bien loin de la problématique des Fourons au quotidien qui, elle, a été rappelée par l’échevin francophone du cru, José Smeets. N’empêche. Pour les socialistes qui, président Di Rupo en tête, formaient l’essentiel du personnel politique présent sur place, l’argumentaire permet de bien se positionner sur le terrain de la « solidarité naturelle qui unit les francophones de Wallonie et de Bruxelles »