NAMUR « Actuellement, de très nombreuses familles doivent compter chaque euro. Les gens rognent sur certaines dépenses comme l’alimentation ou les soins de santé. Ils ne vont chez le médecin qu’en cas d’urgence. » Paul Magnette, ministre de la Santé et des Affaires sociales en Région wallonne admet que la situation est difficile.
« Une caissière qui a 10 ans d’ancienneté et qui a deux enfants gagne 1.100€ nets par mois. Imaginez qu’elle a un loyer de 450€. À cela, elle doit ajouter les coûts en hausse de l’énergie et la nourriture. Son budget est serré. Trop serré. » Le ministre ne cache pas que de nombreuses personnes l’interpellent. « Les gens dans la rue me disent : « On a tout juste ». Et c’est vrai, je les crois. Je vois des familles avec deux enfants hésitent à acheter des pommes. »

1/3 des gens, en situation de pauvreté, travaillent

Paul Magnette rappelle qu’il y a 17 % de pauvreté en Région wallonne. Ce n’est pas nouveau. Mais… « La situation devient plus difficile pour une autre tranche : les gens qui gagnent entre 1.250 et 1.350 € par mois. Ils sont en difficulté. Actuellement, 1/3 des gens qui sont en situation de pauvreté travaillent. C’est pour cela que je lance un appel au fédéral tant pour le salaire poche que pour une réforme fiscale adaptée aux bas revenus. »
Le coût de la vie pose également des problèmes à d’autres personnes : « Des gens du 3e ou du 4e âge ont de plus en plus de difficultés. On doit en tenir compte au quotidien. C’est vital. »
La situation est vraiment difficile en Région wallonne puisqu’on atteint au service de médiation de dettes les 18.000 dossiers. Soit une hausse de 10 % ces derniers mois.
À cela s’ajoutent les demandes au Fonds mazout : il y a eu 1.100 demandes depuis le mois de septembre. On y passe d’un déficit de 5 millions d’€ à 7 millions d’€.
« La situation est difficile dans les CPAS. Il y a des gens aux revenus modestes qui y viennent de plus en plus en nombre. On constate aussi une hausse des recours à la guidance énergétique et à la médiation de dettes. Enfin, pour moi, le plus inquiétant, c’est que certaines personnes rognent sur les soins de santé. On remarque que des personnes demandent aux aides familiales de venir moins souvent chez eux. »
Enfin, les demandes de crédits sociaux ont triplé entre 2003 et 2007.