« La période de réflexion est maintenant terminée », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse en marge d’une réunion à Berlin entre son gouvernement et les membres de la Commision européenne présidée par José Manuel Barroso.

La chancelière allemande, qui a été mandatée par ses homologues pour faire des propositions en juin 2007, la solution définitive devant intervenir pendant la présidence française de l’UE, fin 2008, espère pouvoir tenir son pari.

« Pour la présidence française au deuxième semestre de 2008, le problème devrait être résolu pour que l’Europe soit dotée d’institutions capables de fonctionner. Nous savons que ce ne sera pas facile, mais nous avons l’intention d’esquisser une feuille de route pour la fin de la présidence allemande ».

A ses côtés, Barroso s’est montré admiratif devant la détermination allemande à sortir de la crise née des « non » français et néerlandais à la Constitution européenne.

« C’est un grand signal que l’Allemagne ait choisi de placer la question institutionnelle au coeur de sa présidence », a-t-il dit. « Il faut avoir de la détermination et du courage pour s’attaquer à un dossier aussi difficile ».

Pour lui, cela signifie aussi que les politiques arrêtent de faire de l’Europe un bouc émissaire, une allusion à peine voilée aux critiques émises pendant la campagne électorale française par Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy contre « l’euro fort ».

EN FINIR AVEC LES MYTHES

L’Allemagne, a-t-il rappelé, est redevenue le premier exportateur mondial malgré ce handicap.

« Cela montre qu’on peut avoir un euro fort et avoir une économie très compétitive. Il faut combattre les mythes », a-t-il ironisé lors d’une conférence de presse commune.

L’Allemagne entend se baser sur le socle des 18 pays sur 27 qui ont déjà ratifié le traité constitutionnel et sur les quelques autres pays qui devraient le faire assez rapidement.

La plupart des Etats membres veulent que les outils de la Constitution – réforme des institutions, extension du vote à la majorité qualifiée, création d’un poste de ministre des Affaires étrangères ou charte des droits fondamentaux – soient réellement préservés dans le grand marchandage qui s’annonce.

Selon des responsables européens, Angela Merkel entend mettre à profit les célébrations à Berlin du 50e anniversaire du traité de Rome, en mars prochain, où les dirigeants européens devraient adopter une déclaration courte et consensuelle.

Le sommet de juin devra quant à lui montrer plus précisément le chemin, notamment en excluant certaines pistes, comme une renégociation en profondeur du texte existant, même si l’appellation « Constitution » devrait être enterrée.

La chancelière compte sur l’aide de Jacques Chirac et de Tony Blair plus libres lors de leur fin de mandat.

Le sommet européen des 21 et 22 juin aura lieu quatre jours à peine après le second tour des élections législatives en France, où l’Europe ne devrait pas jouer un rôle majeur.