BRUXELLES Tout semblait se mettre en place. Au Nord, Open VLD et CD & V/NV-A étaient en passe de s’entendre. Au Sud, PS et CDH aussi. Restait à convaincre Écolo et, surtout, le MR sans lequel la sacro-sainte réforme de l’État demeurerait impossible. Mais un grain de sable est venu gripper le rouage, hier, rendant son fonctionnement moins évident. Ce grain de sable, c’est le SP.A. Après plusieurs jours de signaux contradictoires, il s’est dit prêt, jeudi matin, à envisager de monter, lui aussi, dans l’attelage. Seule et unique condition : mener une politique à gauche, détaillant déjà les 6 mesures exigées pour participer à un gouvernement. Augmentation des pensions, hausse des allocations familiales pour le premier enfant, congé parental allongé à un an, baisse des factures d’hôpital, compression de certains prix et, enfin, fermeture des centrales nucléaires : le cap y est clair.

Écolo veut, lui aussi, voir clair

Imbuvable pour un VLD et un CD & V piaffant de repartir vers une politique de droite ? On aurait pu le croire. Mais Yves Leterme (CD & V/NV-A), dans les couloirs du Sénat, a dit « comprendre  » ces exigences. Il s’est même déclaré « favorable également à un programme de gouvernement social « .
C’est peu dire que ces mots ont fâché, du côté de l’Open VLD. En début de soirée, son président, Bart Somers, est sorti du bois. Il a exigé que le CD & V « clarifie  » sa position. « Soit le CD & V veut un gouvernement de gauche et nous en tirerons les conclusions en allant dans l’opposition, soit il reste fidèle à ses accords de l’Orange bleue » , a notamment assené M. Somers. Le même s' »étonne » de « la façon de louvoyer du CD & V » , à la façon « des virages sur le circuit de Zolder « .
Caramba, encore raté ? Pas dit. Mais Écolo, lui aussi, est sorti du bois, par la voix de son chef de file à la Chambre, Jean-Marc Nollet. Alors que PS et CDH assènent que les Verts francophones sont déjà d’accord avec eux pour monter dans une coalition, M. Nollet a demandé à Guy Verhofstadt de leur faire une proposition concrète. Assassin, il a estimé que, pour l’heure, « on est plus dans un jeu de Stratego que dans un débat visant à répondre aux préoccupations des gens ».
Peu avant, les huiles d’Écolo et du MR s’étaient concertées, sur le temps de midi. Le but était d’essayer de retisser des liens entre les deux vainqueurs du scrutin, du côté francophone.