BRUXELLES La vraie raison pour laquelle j’ai été viré, c’est que quand même en Flandre, c’est très difficile d’avoir une liberté d’expression. Et effectivement, j’ai certaines idées qui ne sont pas tout à fait conformes à ce que veulent les Flamingants », a réagi lundi matin, sur les ondes de BelRTL, Rudy Aernoudt, le secrétaire-général du département Economie, Science et Innovation de l’administration flamande, licencié dimanche.
La lettre de licenciement fait état de deux faits: l’interview accordée par l’intéressé au quotidien Le Soir le 10 septembre dernier et la pétition lancée par la Ligue des optimistes appelant M. Aernoudt à devenir le nouveau Premier ministre.
« Apparemment, j’aurais dit des choses inacceptables » dans cette interview, note M. Aernoudt. Il y indiquait notamment que le gouvernement flamand avait créé une structure publique dont personne n’avait besoin, simplement pour permettre des nominations politiques.
« Pour moi, le futur de la Belgique dépend de trois choses: la subsidiarité, la collaboration interrégionale et l’efficacité. L’efficacité suppose que chacun fait son boulot, qu’on arrête toutes les nominations politiques et qu’on essaye de voir les gens en fonction de leur mérite », précise-t-il lundi.
Selon lui, le fonctionnement du gouvernement flamand où « beaucoup de choses sont décidées entre eux » est très mauvais pour la politique. « D’ailleurs je vois aussi que le rapport de l’OCDE dit que tout ce qui se passe, cette facon de tout décider dans les petites chambres noires comme le dit l’OCDE, c’est un grand problème pour la bonne gestion en Belgique ».
Sur le devoir de réserve des fonctionnaires, Rudy Aernoudt estime qu’il faut faire la « différence entre un devoir de réserve et une vision ». « Si maintenant, on dit que les fonctionnaires ne peuvent plus rien dire, on va vraiment poser un problème. Si les fonctionnaires ne peuvent qu’exécuter des ordres, je croie vraiment qu’on est dans un pays où on frôle les limites de la démocratie », prévient-il.
« Mon discours est toujours basé sur des chiffres, des appuis, des arguments et des faits. Donc c’est ça qui fait mal mais je pense que ce n’est pas une raison pour virer quelqu’un », poursuit-il. « Je suis encore choqué de l’image que la Flandre donne mais en même temps, je pense aussi que ça peut permettre d’aider d’autres à ouvrir les yeux », conclut-il.