BRUXELLES Des rencontres bilatérales. C’est à ça qu’Yves Leterme (CD & V/NV-A) a passé l’essentiel de sa journée de lundi.
Elles lui ont servi à sonder les présidents des partis de l’Orange bleue quant à sa future méthode de travail. On devrait y retrouver un subtil mélange entre la discrétion imposée d’autorité par Herman Van Rompuy qui a montré son efficacité, et une volonté de mieux communiquer, en convenant de rendez-vous réguliers avec les journalistes.
Jusque quand ? Beaucoup espèrent un gouvernement juste avant la Toussaint, soit dans un peu moins de quatre semaines. Tout dépendra, en fait, de l’efficacité du travail. En attendant, le flou s’est un peu réinstallé, propice aux polémiques et aux poussées d’adrénaline.
La principale sera venue de l’existence ou non d’un accord sur une réforme institutionnelle relativement raisonnable et phasée dans le temps. Joëlle Milquet (CDH) s’est ramassée de vives critiques pour avoir, dimanche, évoqué un accord sur « une réforme de l’Etat limitée « , avec obligation à présent de s’attaquer au socio-économique.
Bart De Wever (NV-A) s’en est ému car « cela laisse supposer qu’un cadre a été fixé quant au contenu, c’est-à-dire qu’il existe une liste de sujets sur lesquels on peut parler et donc une autre avec les sujets sur lesquels on ne peut pas parler. Ce n’est pas ce que j’ai compris. Si ce devait être le cas, il vaudrait mieux ne pas commencer à discuter…  »

Confiance et cordialité

Deux choses expliquent cette sortie. Un : comme son homologue du FDF Olivier Maingain, M. De Wever n’est plus convié aux négociations, ce qui l’agace. Et deux : la Flandre a besoin de temps pour faire accepter qu’elle n’obtiendra pas tout ce qu’elle exigeait.
Le président du MR, Didier Reynders, l’a bien compris, affirmant ce lundi qu’il y avait « un accord pour redémarrer des négociations, et sur rien d’autre.  »
« Samedi, le Palais lui-même indiquait qu’il existait suffisamment de convergences pour reprendre de vraies négociations « , fait remarquer ce cacique. « Or, ce communiqué a été rédigé par le Club des 5 : Herman Van Rompuy et les présidents de l’Orange bleue. La tension rebaissera dès qu’on s’attaquera aux autres dossiers.
« Mais il est clair que, sur BHV, les Flamands voudront que le terme scission figure dans l’accord. Le tout sera de contrebalancer ça par un maintien des droits des francophones. Pour eux, c’est le plus important…  »
En attendant, le climat de confiance cordiale restauré par M. Van Rompuy semble – déjà – bien loin…