BRUXELLES Hier après midi, soit trois jours après, la plainte n’a toujours pas été actée par le service de police et la victime se demande ce qu’elle doit faire. Mme veuve Astrid Salmon, 69 ans et frêle comme une brindille : 40 kilos pour 1 m 51. Il faut imaginer que, lundi passé, ce poids plume, cet oiseau pour le chat, a été confronté à trois individus alors qu’elle se trouvait près des boîtes aux lettres dans le hall de son building de 17 étages, la Résidence Socrate, 9, avenue du Forum, à Laeken. Rentrant des courses, elle avait déposé ses sacs de provisions, le temps de vérifier sa boîte aux lettres. Bref, trois hommes sont entrés. Le temps de dire « ouf », ils prenaient les sacs et détalaient vers les ascenseurs.
Malgré son âge, Astrid a voulu les rattraper mais déjà l’ascenseur grimpait dans les étages. Astrid Salmon a constaté qu’ils s’arrêtaient au quatrième. Elle a pris l’ascenseur suivant, est descendue au quatrième et a sonné à toutes les portes. Elle a fait appel à la concierge. On a attendu le retour du syndic. Par la suite encore, on est allé voir dans les garages et les buidings d’à côté. Le lendemain, Mme Salmon, persuadée qu’elle ne récupérerait plus ses achats, s’est rendue au commissariat de Laeken, avenue du Fusain, bien décidée à déposer plainte. Astrid raconte qu’à l’accueil où plusieurs policiers devisaient de choses et d’autres, elle s’est adressée à une policière. Astrid parle d’un accueil à peine poli. La policière lui a demandé si elle « avait les noms de ces gens-là ».
Astrid a répondu que bien sûr que non, qu’il s’agissait de trois hommes qu’elle n’avait évidemment jamais vus : dans son esprit, c’est la police qui cherche les voleurs. Mais la policière a répondu : « Ah ben alors, si vous n’avez pas les noms, moi je sais rien faire ». Et comme il n’était pas question d’acter une plainte, Astrid, choquée, Gros-Jean comme devant, est sortie du commissariat. Elle a patienté l’après-midi, en compagnie de la concierge : aucun policier ne s’est déplacé. Hier, au 4e jour, Astrid prenait contact avec l’Aide aux victimes qui s’est montrée autrement aimable, puis avec le commissariat central de PolBru au Marché-au-Charbon. Réagissant au quart de tour, l’état-major a promis une enquête interne et a fixé rendez-vous à la victime qui n’accepte pas et veut dénoncer ce « je-m’en-foutisme ».