L’ambassade des Etats-Unis à Athènes visée par un attentat
Des méthodes dignes des films hollywoodiens. Tôt ce matin, l’Ambassade américaine en Grèce a été visée par un attentat. Selon les premières informations, une roquette a été tirée depuis un bâtiment de l’autre côté de la rue. L’attaque n’aurai fait aucun blessé mais uniquement quelques dégâts matériels : « elle s’est abattue dans les toilettes au troisième étage de l’ambassade », a déclaré un haut responsable de la police grecque. Des vitres des immeubles alentours ont également été détruites par la déflagration. Aucune information n’a été donnée concernant les dégâts à l’intérieur du bâtiment. « C’est une attaque très grave », a uniquement déclaré l’ambassadeur américain à Athènes, Charles Ries.
Pour l’heure, le quartier de l’ambassade est bouclé par les forces de l’ordre, au centre de la capitale grecque. Le bâtiment américain était pourtant fortement surveillé : il est ceint d’une clôture en acier de trois mètres de haut, des gardiens sont postés à chacune des ses entrées et aux coins des rues alentours.
Mais ce n’est pas la première fois que l’ambassade des Etats-Unis est prise pour cible. En février 1996, un groupe non identifié avait tiré une roquette contre le complexe, endommageant légèrement trois véhicules diplomatiques et des immeubles voisins.
Cette fois-ci, l’attaque a été revendiquée par une organisation d’extrême-gauche « Lutte révolutionnaire ». La police examine l’authenticité de cette revendication, a annoncé le ministre grec de l’Ordre public. « Il y a eu un ou deux appels téléphoniques, auprès d’une société de surveillance et ailleurs, d’un inconnu qui a soutenu que la responsabilité (de l’attaque) était revendiquée par Lutte Révolutionnaire », a-t-il déclaré.
Les autorités grecques ne peuvent également pas écarter un rapprochement avec le groupe rebelle grec d’extrême-gauche du 17-Novembre, qui par le passé a tué des diplomates, américains notamment bien qu’il ait été démantelé en 2002.
Apparu le 5 septembre 2003 avec un attentat contre les tribunaux d’Athènes au cours duquel un policier avait été blessé, Lutte révolutionnaire (EA) est considéré actuellement comme le groupe terroriste le plus dangereux du pays, après le démantèlement en 2000 et 2003 des grands groupes historiques.
En novembre dernier, la police anti-émeutes a eu recours au gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui se dirigeaient vers l’ambassade des Etats-Unis en scandant « Bush le boucher, quitte l’Irak » et « les Etats-Unis sont les véritables terroristes ».

L’opposition à la guerre en Irak gagne les Etats-Unis
Cet attentat intervient au lendemain des annonces de George Bush concernant sa stratégie en Irak et faisant part notamment des renforcements des contingents américains sur le terrain.
Le discours télévisé du président américain depuis la Maison Blanche a été suivi de manifestations de protestation aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. A en croire un sondage ABC News-Washington Post réalisé après le discours de George Bush, 61 % des Américains sont hostiles à l’envoi de renforts en Irak, contre 36 % qui y sont favorables. Alors que l’opinion de la population concernant ce conflit s’écarte peu à peu de la doctrine républicaine, les activistes clairement anti-guerre sont de plus en plus nombreux. « Le discours de (mercredi) soir a renforcé l’opposition à la guerre », a estimé Tom Andrews, un ancien député du Maine qui dirige aujourd’hui l’organisation « Win Without War ». Une marche est prévue le 27 janvier devant le Capitole.
Les opposants à cette guerre comptent également sur le soutien des Démocrates, qui ont investis les bancs du Congrès aux dernières élections de mi-mandat. « En choisissant l’escalade dans la guerre, le président est quasiment tout seul », a jugé le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid. Pour le sénateur Barack Obama, star montante des démocrates, ce plan équivaut à « faire du baby-sitting pour une guerre civile ». Mais bien que les Démocrates soient vivement opposés à la poursuite de la guerre, ceux-ci sont divisés quant aux méthodes pour s’opposer aux desiderata de George Bush. Déposer une motion de méfiance serait un geste vis-à-vis de l’électorat, à deux ans des présidentielles, mais ne contraindrait aucunement le président américain. Autre idée, mais dangereux au point de vue médiatique, poser des conditions à tout déblocage des fonds nécessaires à la guerre.
Même dans le camp républicain, la sécession guette. Pour le sénateur républicain du Nebraska, Chuck Hagel, il s’agit de « la pire erreur de politique étrangère » des Etats-Unis depuis la guerre du Vietnam.

Condie en tournée
La visite de Condoleezza Rice au Moyen-Orient ne devrait guère calmer les esprits. Selon le communiqué de presse de Washington, les entretiens de la secrétaire d’Etat américaine avec ses hôtes devraient se centrer sur « la ligne d’action à suivre face aux menaces communes, par exemple, les activités iraniennes et les actes de violence d’extrémistes, ainsi que sur la meilleur manière ‘d’exploiter l’ouverture que nous croyons percevoir’ dans le conflit israélo-palestinien et de soutenir les gouvernements modérés de la région, tels le Liban et l’Irak ».
Condoleezza Rice se rendra successivement à Jérusalem, à Ramallah en Cisjordanie, à Charm-el-Cheik, à Amman, à Koweït-City, à Riyadh, à Londres et à Berlin avant de regagner les États-Unis le 19 janvier.
Mais les conversations ne seront peut-être pas aussi facile que prévues. Le Plan Bush a reçu un accueil disparate dans ces pays.