Martin Hirsch a déclaré jeudi qu’il ne reculait pas d’un centimètre sur ses objectifs de réduction de la pauvreté en France et affirmé que le bouclier sanitaire n’était « pas du tout enterré ».Le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté a également annoncé que le revenu de solidarité active serait expérimenté dans 17 départements à partir du mois de novembre, puis à terme dans 27 départements. »Le bouclier sanitaire n’est pas du tout enterré, il est bien vivant et on va travailler dessus », a-t-il déclaré sur RTL puis lors d’une conférence de presse.Nicolas Sarkozy a annoncé mardi le développement de l’assurance individuelle contre le risque de dépendance sans évoquer le « bouclier sanitaire », idée défendue par Martin Hirsch.Le Haut commissaire a cependant nié que ce projet soit reporté sine die, soulignant les conclusions « très favorables » d’un rapport remis au gouvernement.Il a précisé que le Premier ministre, François Fillon, lui avait demandé, ainsi qu’à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de travailler sur ce sujet-là « dans les semaines et les mois qui viennent pour essayer de le faire aboutir, même si c’est compliqué. »Le bouclier sanitaire vise à plafonner les dépenses de santé non remboursées pour les ménages les moins favorisés. »Nous n’avons pas reculé d’une centimètre sur les objectifs », a ajouté Martin Hirsch, soulignant que le gouvernement mobilisait six millions d’euros pour des programmes expérimentaux visant à « renouveler notre politique sociale. »

SEPT MILLIONS DE PAUVRES

Nicolas Sarkozy lui a assigné pour mission de faire reculer la pauvreté d’un tiers sur cinq ans, notamment à travers la mise en place du Revenu de solidarité active (RSA), qui vise à se substituer au Revenu minimum d’insertion (RMI) et à différentes aides pour favoriser le retour à l’emploi.En 2005, le taux de pauvreté en France a augmenté de nouveau après cinq ans de baisse continue pour atteindre 12,1% selon l’indicateur retenu, le taux de pauvreté monétaire. »Cela signifie que 7,1 millions de personnes vivaient avec moins de 817 euros par mois en 2005″, précise le dossier de presse transmis par le Haut commissariat.Martin Hirsch a choisi d’expérimenter le RSA pendant une période de trois ans avec l’objectif de faire en sorte que les allocataires choisissant de reprendre un travail ne perdent pas d’argent.Il a souligné que l’expérimentation serait menée dans 27 départements et que la première vague débuterait en novembre. Elle concernera 100.000 allocataires du RMI ou de l’Allocation parent isolé (API). « Nous voulons vérifier que cela marche », a-t-il expliqué.Prié de dire si la « panne » de la croissance française n’allait pas compromettre sa mission, le Haut commissaire a répondu qu’il était « toujours inquiet » par nature.Il a cependant affirmé qu’il n’y avait pas eu au cours des dix dernières années de « lien direct entre la croissance et la pauvreté » ou le chômage. »La croissance est une condition nécessaire mais pas suffisante », pour réduire la pauvreté a-t-il dit.Pour Martin Hirsch, cette situation démontre que la France a de « mauvais mécanismes de réduction de la pauvreté » et que « les méthodes des années 70 ne sont plus adaptées. »

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