OSTENDE Une pluie torrentielle. « Un message du ciel », chuchotaient certains. Pas moins de 4.000 personnes, malgré le sale temps et le vent violent, ont tenu à assister à la marche aux flambeaux qui se déroulait hier soir à Ostende. Parce qu’elles tenaient à rendre ainsi un hommage à Bart Bonroy, poignardé mortellement vendredi dernier par Kenny Bolle pour une cigarette. Qu’ils le connaissaient de près ou de loin, bien ou pas du tout, ils ont tous marché ensemble dans le silence. Flambeau à la main pour certains, c’est de la place Ernest Feys qu’a débuté la marche.
À 19 h précises, les parents et frères de Bart ont été emmenés sous haute surveillance policière en début de cortège. C’est à ce moment que la marche a pu commencer, les parents et proches de Bart restant toutefois protégés tout au long du parcours à l’aide d’un cercle formé par la police.
Vers 19 h 40, le cortège s’est arrêté devant les lieux du drame, place Marie-José, là où des centaines de fleurs, bougies et autres messages de soutien ont été déposés.
Sans dire mot, ne pouvant contenir leurs larmes face à l’endroit où leur fils leur a été arraché, les parents de Bart se sont serrés fort l’un contre l’autre, tentant ainsi de rester courageux autant que possible. Les autres proches de Bart les ont alors soutenus par des gestes, parce que, dans des moments pareils, les gestes sont beaucoup plus forts que les mots.
Après quelques minutes, la famille de Bart a quitté les lieux pour rejoindre une camionnette de police qui l’a immédiatement transportée vers la maison communale.
Le cortège s’est ensuite poursuivi dans le calme. Une foule dans laquelle se trouvaient majoritairement des jeunes. « On vient parce qu’on ne comprend pas un tel geste. On connaissait quasi tous Bart ici. De près ou de loin, on en a tous déjà entendu parler. C’était quelqu’un de joyeux, qui nous faisait rire. Aujourd’hui, il nous fait pleurer. C’est plus fort que nous. Mais nous devons tenter de rester fermes. Continuer à nous mobiliser. Nous serons présents samedi aux funérailles et dimanche pour une autre marche. Pour faire bouger les choses, comme l’ont fait les amis de Joe. Nous devons le faire pour notre ami Bart », confie Steve.
Le jeune homme comme tous ses amis se sont donné rendez-vous à la fin de la marche, pour se remonter le moral. Le cortège s’est achevé vers 20 h 30, chacun repartant ensuite le regard triste, une question en tête : pourquoi ?