UN NOUVEAU traité constitutionnel en 2009 ou le chaos politique en Europe : invitée hier du Parlement de Strasbourg où elle a présenté le programme de travail de sa présidence, la chancelière allemande, Angela Merkel a brutalement présenté ces deux alternatives aux 27 États membres, en les exhortant à sortir de l’impasse institutionnelle d’ici les prochaines élections européennes. Faute de quoi l’Union serait face à un « échec historique ». « Ce serait rater le tournant de l’histoire », a-t-elle insisté. Comme prévu, la présidence allemande publiera avant le 30 juin, une « feuille de route », devant servir de base aux négociations approfondies qui se conduiront sous présidence portugaise, puis slovène.

La chancelière n’a pas pour autant précisé ses modalités de sortie de crise. Ce flou intentionnel a suscité les critiques des eurodéputés Verts et socialistes. La droite, elle, a salué un « discours encourageant ». Dans les prochaines semaines, deux sherpas allemands sillonneront l’UE afin de sonder les États membres et d’identifier les parties susceptibles d’être sauvées, au sein du projet rejeté en 2005 par les Français et les Néerlandais. Du futur « point d’équilibre » ainsi recherché, est censée jaillir la lumière.

Merkel s’est surtout efforcé de convaincre le Royaume-Uni qui, selon le futur premier ministre Gordon Brown, est tenté de jeter aux orties toute solution institutionnelle nouvelle. « Avec le traité actuel (de Nice, conçu pour une Europe à 27, NDLR), il n’y aura pas de nouvel élargissement possible », a prévenu la dirigeante allemande. Or, l’adhésion des Balkans, puis de la Turquie figurent parmi les priorités de Londres.

Un discours aux accents lyriques

Les « consultations » entamées par Berlin seront « confidentielles », a insisté Merkel, soulevant des craintes, parmi les eurodéputés, que le Parlement soit court-circuité. « Il nous faut un débat public et non une discussion à huis clos », a expliqué le coprésident du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit. Il a demandé l’organisation d’une « mini-convention » – à l’image du processus interinstitutionnel qui avait conduit à l’élaboration du traité mort-né, puis la mise sur pied d’un référendum « européen ». De son côté, Ségolène Royal a demandé hier l’organisation d’un « référendum » en France en 2009.