BRUXELLES Il y a des périodes comme ça, où plus rien ne semble fonctionner. C’est ce que doit se dire Elio Di Rupo (PS) chaque matin au réveil depuis quelque temps. Car les affaires qui engluent son parti ne cessent de le poursuivre. Elles vont même, désormais, jusqu’à le défier dans sa course à un troisième mandat présidentiel consécutivement.Le scrutin interne au PS se déroulera le 11 juillet prochain. Tout militant en ordre de cotisation depuis cinq ans au moins avait le droit de déposer sa candidature, jusqu’à ce mercredi midi. À 10 h 08, un e-mail est arrivé boulevard de l’Empereur. Il contenait le dépôt de candidature de… Jean-Pierre De Clercq, désormais ex-député permanent du Hainaut, emporté par un volet des affaires de Charleroi. Il défiera donc Elio Di Rupo, alors que quatre autres candidats ont été recalés, ne remplissant pas les conditions requises. Embêté par la candidature du Hennuyer, M. Di Rupo ? « Oh non, il trouve plutôt ça marrant », assure sa porte-parole, Florence Coppenolle. Il est clair que les deux hommes ont des profils sensiblement différents. M. De Clercq a été jusqu’à cumuler 50 mandats. On avait le sentiment qu’il y aurait un candidat contestataire, on ne s’était pas trompés… »

Même si M. Di Rupo a de solides chances de l’emporter, la candidature de M. De Clercq va, à coup sûr, animer les débats internes d’ici au 11 juillet. Ils commenceront à Namur, vendredi en début de soirée, où est prévue une première confrontation face aux militants. Dans sa lettre de candidature adressée au secrétaire général du parti, M. De Clercq précise notamment qu’il réunit les conditions requises étant membre du comité fédéral de Charleroi et membre du PS depuis le 21 mars 1968. Il ajoute qu’il s’engage à respecter les statuts du parti, le règlement électoral adopté par le collège des secrétaires fédéraux, la charte du militant… Il joint à sa lettre de candidature le message qu’il veut voir adresser à tous les membres du parti. Il y dit notamment que s’il est élu, le rôle des militants et des mandataires sera réhabilité et « non réduit au rang de membres d’un fan-club ». Il conclut en disant que le PS a besoin à sa tête « non pas d’un paon magnifique, mais d’un primus inter pares (sic) déterminé à faire vivre et triompher en son sein nos vraies valeurs de solidarité et de justice sociale ». Ça risque d’être chaud, vendredi.