WASHINGTON Il a parlé d’Irak, forcément, et sans gagner à sa cause la majorité démocrate, comme chacun pouvait aussi s’y attendre : le discours sur l’état de l’Union de George W. Bush n’aura guère réservé de surprise, le chef de la Maison-Blanche continuant à interpréter la même partition. « Notre pays conduit une nouvelle stratégie en Irak, et je vous demande de lui donner une chance de réussir « , a-t-il ainsi lancé mardi soir, arguant que « l’Amérique ne doit pas échouer en Irak » , sans toutefois convaincre les démocrates à changer leur fusil d’épaule et à soutenir une stratégie dans laquelle ils ne croient pas.

George W. Bush n’a toutefois pas manqué de rappeler que la responsabilité de déclencher la guerre contre l’Irak était partagée. « Nous nous sommes engagés largement unis, dans nos hypothèses et nos convictions », a-t-il souligné, rappelant des temps pas si lointains où sa cote de popularité était au zénith.

« Nous avions confiance dans le jugement de nos dirigeants. Nous espérions qu’ils auraient raison. Nous leur devions notre loyauté en tant qu’Américains et nous leur avons donnée » , a répliqué le sénateur Jim Webb, au nom des démocrates, tout en réclamant « un virage immédiat » de la diplomatie américaine.

Le président Bush aura par contre obtenu des applaudissements unanimes des rangs républicains et démocrates lorsqu’il demanda à tous « de soutenir nos soldats sur le terrain et ceux qui sont en route ».

George W. Bush s’est aussi penché sur des dossiers de politique intérieure, proposant, par exemple, une meilleure couverture de l’assurance-maladie, histoire d’essayer de reprendre l’avantage sur un terrain que les démocrates comptent bien occuper d’ici à la prochaine échéance électorale en novembre 2008.

« D’une manière ou d’une autre, nous n’avons pas agi » , a-t-il reconnu, avant de tendre une nouvelle fois la main aux démocrates. « Travaillons ensemble et faisons-le maintenant. »

Mais il s’est bien gardé de proposer une refonte totale du système de santé. Ses propositions ne seraient d’ailleurs pas suffisantes pour offrir une couverture sociale aux 47 millions d’Américains qui ne bénéficient d’aucune assurance : à peine cinq millions d’Américains verraient leur sort s’améliorer.

Le président Bush s’est aussi engagé à promouvoir la réduction de la consommation de carburants de 20 % dans les dix prochaines années. Ce qui est déjà en soi un pas dans la bonne direction. Mais il n’est toutefois pas allé jusqu’à proposer des objectifs de réduction à atteindre pour l’industrie, principale responsable des gaz à effet de serre.