Notre pays vient de connaître une brusque accélération de l’histoire ! Qui l’eut cru ?

Alors que la situation politique semblait définitivement figée dans une misère générale indescriptible avec une population devenue fataliste et donc résignée à son triste sort, un vent de révolte s’est soudainement levé, rendant enfin possible la sortie des ténèbres de cette longue nuit. Aujourd’hui, l’espoir renaît et peut devenir réalité.

Grâce à l’action inattendue mais déterminée et particulièrement vigoureuse de nos vaillants syndicalistes, les Guinéens commencent à savourer les joies nouvelles d’une forme de libération ou d’affranchissement de la peur et du joug d’un pouvoir opprimant qui les a rendus totalement indigents. Que tous les acteurs de cet événement majeur en soient remerciés et qu’hommage leur soit rendu pour leur courage, ainsi qu’à tous ceux qui ont donné leur vie ou qui ont été blessés dans leur chair pour l’avènement d’une nouvelle Guinée démocratique.

A présent un premier combat est gagné, même si on peut parler d’une victoire à la Pyrrhus, compte tenu des dizaines de morts (devenus des martyrs de la cause nationale) que nous déplorons, ainsi que des centaines de blessés et autres, bastonnés et molestés par les forces de l’ordre.

Comment pourrait-on maintenant transformer le premier essai marqué en une victoire totale et effective ?

A l’arraché le président Lansana Conté a lâché du lest et a accepté de signer le décret relatif à la mission et aux attributions du futur premier ministre de consensus appelé à être chef du gouvernement et ce, conformément à l’accord signé le 26 janvier dernier avec les syndicats.

Quant au choix de ce dernier, la question semble manifestement ardue, car les critères de désignation de cette personnalité sont généraux (donc nécessairement vagues et imprécis), mais restent dans l’esprit parfaitement exigeants en termes d’intégrité, de compétence et de légitimité populaire.

Bien entendu, semblent exclus de ceux qui sont éligibles, les responsables de l’actuelle équipe au pouvoir, ou d’autres « vieux chevaux de retour » tous considérés comme « persona non grata ». On ne peut en effet, pas faire du neuf avec du vieux.

Pour ma part, je pense que le président de l’UFDG, Monsieur BA Mamadou serait un très bon choix pour ce poste de premier ministre.

Les raisons en sont simples :

1. Il est d’abord un « grand combattant de la première heure » pour le renouveau politique en Guinée. Les faits l’attestent suffisamment. N’est-il pas le pionnier de la lutte pour l’instauration d’une véritable démocratie et le premier qui a osé défier le pouvoir en dénonçant les errements de ses dirigeants et qui l’a largement payé de sa personne (arrestation et emprisonnement) ? A ce propos, je suis outré et particulièrement indigné par la récente déclaration publiée (5 janvier passé) du sieur Barry IV, scandaleusement intitulée « BA Mamadou veut vendre l’opposition ! ».

En s’attaquant comme il l’a fait, avec des arguments « ad hominem », de façon abjecte (en enfourchant dangereusement la « cause » de la Communauté peulhe !) à cette figure emblématique de l’opposition politique du pays, il fait honteusement preuve d’amnésie ! Mal lui en a pris !

Perfidement et stupidement il s’est essayé à un hasardeux jeu de dénigrement du personnage. Quelle ingratitude !

Je suis écœuré par toutes les inepties qu’il a dites. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Il peut toujours décharger sa bile et jouer les thuriféraires de telle ou telle autre personne. C’est son problème !

Cette attitude irresponsable le déshonore et le disqualifie pour toute participation à un débat politique serein et constructif.

La Bruyère disait « c’est une grande misère que ne n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire ». Je le plains !

BA Mamadou reste un homme de conviction et d’action (il est sur le terrain). Il a toujours pris la position qui lui a semblé la bonne dans son parcours. C’est aussi cela l’honneur du politique, assumer son choix !

Qu’on se rassure, ce n’est pas maintenant, alors qu’il aurait depuis longtemps pu faire d’autres choix plus commodes, qu’il va commencer une carrière de je ne sais quoi…

Rappelez-vous ce que le Général de Gaulle déclarait lors d’une conférence de presse (…). De toutes les façons, les Guinéens épris de démocratie lui sont reconnaissants du rôle d’éclaireur qu’il a joué dans le combat politique de l’opposition nationale. Et, pour en terminer avec cette mise au point, je dirai que la bave du crapaud n’atteindra jamais le vaillant patriote qu’est BA Mamadou.

2. Sur le plan de la compétence, c’est un économiste expérimenté dont la carrière est plus qu’éloquente : ancien de la Banque Mondiale et de l’ancienne Caisse Centrale de Coopération française, gestionnaire talentueux de sociétés financières, conseiller économique, etc… et la liste est encore longue.

3. Son intégrité n’est plus à prouver car il n’a jamais été compromis dans aucun scandale financier ou une quelconque accointance politique dans le but de s’enrichir. Ses valeurs morales sont évidentes.

4. Il dispose d’une assise populaire nationale prouvée depuis toujours. Il est arrivé en seconde position à l’élection présidentielle de 1998 (malgré des fraudes massives de la part du parti au pouvoir). Sa légitimité est donc indiscutable.

Démonstration est ainsi faite qu’il répond parfaitement au profil type du premier ministre recherché ! Car il est à la fois politique et économiste, intègre et courageux, populaire et modeste. Enfin, c’est un homme d’idées et d’action.

Autre atout majeur : BA Mamadou est une personnalité bien connue et fort appréciée dans des milieux financiers et économiques internationaux, notamment la Banque Mondiale et dans les institutions européennes (Parlement et Commission) où il a été reçu plusieurs fois.

Par ailleurs, dans les communautés guinéennes en Europe, force est de constater que son nom suscite beaucoup d’enthousiasme, d’espoir et de respect. Et, bon nombre de nos compatriotes appellent de tous leurs vœux sa nomination à la Primature.

Il serait donc logique et infiniment souhaitable pour la Guinée qu’il fasse l’objet d’un large consensus pour cette désignation.

A charge pour lui, le cas échéant, de former un gouvernement d’union nationale, compétent et intègre, pouvant engager une gestion consensuelle du pouvoir, et qui se mettra immédiatement en action pour commencer le redressement de notre cher et beau pays.

Puisse mon message (qui traduit sans nul doute le désir de beaucoup d’autres Guinéens) être entendu !