Au moins 67 personnes sont mortes lundi 19 février dans un incendie déclenché par une explosion dans un train dans le nord de l’Inde , selon les autorités indiennes. « Nous avons compté 67 corps », a indiqué le chef de la police de l’Etat indien de l’Haryana (nord), Rajiv Dalal.
Une boule de feu, déclenchée par des explosifs à base de kérosène, a ravagé deux wagons du Samjhauta Express qui relie New Delhi à Lahore, au Pakistan.
L’attaque n’a pas été revendiquée.
Selon Ved Gupta, médecin légiste à l’hôpital de Panipat, « il est très difficile d’identifier les victimes (…) de savoir si ce sont des Indiens ou des Pakistanais ».
Cet attentat « haineux » n’entravera pas les efforts de paix entre New Delhi et Islamabad a assuré le président pakistanais Pervez Musharraf.
« De tels actes de terrorisme injustifiables ne serviront qu’à renforcer encore notre détermination à atteindre l’objectif commun d’une paix durable entre les deux pays », a-t-il affirmé .
Son ministre des Affaires étrangères Khurshid Kasuri a indiqué que cet « horrible acte de terrorisme (…) ne remettait pas du tout en cause » sa visite en Inde dès mardi.

« Déstabiliser le processus de paix »

Le ministre des Chemins de fer pakistanais Lalu Prasad Yadav a quant à lui affirmé : « Les intentions sont évidentes : c’est une tentative pour déstabiliser le processus de paix entre l’Inde et le Pakistan ».
Le ministre de l’Intérieur Shiv Raj Patil a constaté : « Quels que soient ceux qui ont fait cela, c’est contre la paix, contre les relations amicales que nous essayons de nouer avec d’autres pays ».
Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a condamné l’attentat et a exprimé le soutien de la France à ces deux pays dans « leur lutte contre le terrorisme ».
« Je condamne avec la plus grande fermeté l’attentat » a-t-il souligné le ministre dans une déclaration.
« La France se tient aux côtés de l’Inde et du Pakistan dans leur lutte contre le terrorisme », a ajouté le ministre.
« Je salue les déclarations indiquant que cet acte de violence n’entamera pas les efforts engagés par l’Inde et le Pakistan pour aplanir leurs différends et poursuivre leur rapprochement », a-t-il conclu.

Condamnation de Madrid

Dans un communiqué », le ministère des Affaires étrangères espagnol a indiqué : « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté le très grave et brutal attentat terroriste perpétré contre le train qui relie l’Inde au Pakistan ».
Le gouvernement espagnol « condamne le terrorisme sous toutes ses formes et manifeste son soutien aux peuples et aux autorités d’Inde et du Pakistan dans la lutte contre ce fléau », ajoute le communiqué.
Selon le ministère pakistanais des Chemins de fer, 757 passagers se trouvaient à bord du train, dont 553 Pakistanais.
Sur les images diffusées par la télévision, les deux voitures qui ont été touchées par les explosions apparaissent carbonisées et éventrées.

« Le dernier voyage de ma famille »

La plupart des fenêtres étant condamnées par des barres de fer, de nombreuses personnes se sont retrouvées prises au piège dans le train. Un survivant a raconté que des passants ont aidé quelques-uns des survivants à s’échapper par une fenêtre qui n’était pas bloquée.
« J’avais eu un visa pour venir en Inde voir des proches mais je n’aurais jamais pensé que ce serait le dernier voyage de ma famille », a déclaré Tara Chang, qui retournait au Pakistan après un mois passé en Inde et dont les trois fils et deux filles sont portés disparus.
« J’ai entendu une forte explosion et ensuite il y a eu de la fumée partout », a-t-il raconté. « Vu l’intensité de la fumée, beaucoup de personnes ont dû mourir d’asphyxie. » (Avec Reuters)