Un demi-verre d’eau de pluie par jour, un peu de riz et de haricots rouges, du poisson et de la viande de tortue ont permis à cinq pêcheurs costaricains de survivre à 47 jours de dérive dans le Pacifique, à bord de leur bateau, après que le moteur eut rendu l’âme.
Les cinq hommes ont été retrouvés déshydratés, brûlés par le soleil, amaigris.

Au moment où ils foulent le sol du Costa Rica, après un mois et demi de souffrance, les larmes gonflent leurs yeux, les embrassades sont interminables et on remercie dieu pour le « miracle ».

« A certains moments j’ai pensé me donner la mort, j’avais toujours une corde à la main, je ne voulais pas mourir noyé », confie un des rescapés, Dairy Taylor, un jeune homme de 18 ans.

« Je n’arrêtais pas de pleurer. Quand le capitaine nous a prévenus que nous étions à la dérive, j’ai craqué, j’ai beaucoup pleuré et nous avons passé des moments horribles », raconte Kevin Aviles, un adolescent de 15 ans, qui travaille comme pêcheur pour aider ses parents.

Le capitaine Gregorio Collado, 42 ans, reconnaît lui aussi avoir pleuré de désespoir et de tristesse, mais en cachette, pour ne pas miner le moral de son équipage.

Comment ont-ils survécu? La foi catholique et le désir de retrouver leur famille, affirment-ils.

Le capitaine et les quatre autres pêcheurs, âgés de 15 à 18 ans, « sont en bonne santé, mais ils ont été transférés à l’hôpital de Golfito (sur la côte Pacifique du Costa Rica) pour des examens », a annoncé le ministère de la Sécurité publique.

Après l’avarie du moteur, ils ont pu alerter la Police navale, mais la liaison radio a ensuite été coupée et les opérations de recherche n’ont rien donné.

Les garde-côtes du Costa Rica ont abandonné les recherches, avant de donner l’alerte à la marine des pays voisins, sans plus de résultats.

Le 16 novembre, le Piscis III avait quitté un petit port du nord du Costa Rica pour quelques jours de pêche.

Durant les 47 jours de dérive, les pêcheurs se sont organisés pour recueillir l’eau de pluie et attraper du poisson ou des tortues pour accompagner le riz blanc.

A plusieurs reprises, les naufragés ont observé des avions ou des navires et ont tenté d’attirer leur attention, en vain.

Privés de Noël, ils ont cependant passé le réveillon du nouvel an sur la terre ferme. Le 31 décembre, un navire polonais les aperçoit quand ils agitent des sacs plastique blancs, à plusieurs centaines de kilomètres du Costa Rica.