BRUXELLES Le vote flamand sur l’inspection pédagogique dans les écoles francophones des communes à facilités représente une troisième gifle pour les francophones, réagit la chef de groupe MR au parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux. « Nous nous devions de réagir! Tendre l’autre joue? Nous n’en avons que deux… », déclare-t-elle, évoquant l’examen en urgence ce vendredi à 16 heures par le parlement de la Communauté française d’une motion soulevant le conflit d’intérêts.
Le MR estime que le vote flamand constitue un acte grave qui va priver les enfants de ces écoles de pouvoir faire le choix de suivre leur parcours scolaire, soit dans une école néerlandophone, soit francophone. Mais aussi que ces écoles pourraient mettre la clé sous le paillasson en l’absence de convention avec les autorités flamandes.
Il s’agit d’une atteinte grave à la politique de respect des minorités et aux accords intervenus en 1971, affirme Mme Bertieaux dans un communiqué.
Cette proposition de décret flamand concerne huit écoles situées à Crainhem, Wezembeek-Oppem, Linkebeek, Drogenbos et Rhode-Saint-Genèse, soit quelque 3.000 élèves, rappelle-t-elle. Pour ces écoles, le vote flamand implique qu’elles devraient poursuivre les objectifs généraux de l’enseignement fondamental néerlandophone et appliquer les programmes de cours flamands – et plus francophones – mais aussi qu’elles seraient désormais inspectées par l’inspection scolaire flamande.
Or, la loi stipule que si ces écoles sont financées par la Communauté flamande, la Communauté française conserve, elle, une tutelle pédagogique (définition des programmes, organisation de l’inspection et délivrance des diplômes), ajoute-t-elle.
Ce décret à présent voté, cela signifie donc que les écoles organisant un enseignement en français dans les communes à facilités, deviendraient à terme des écoles flamandes à part entière, à ceci près que l’enseignement pourrait peut-être toujours être dispensé en français. Mais pour combien de temps encore? interroge la députée.