La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, devrait présenter aux autres membres du quartet la stratégie de son pays en vue d’une réunion qui pourrait avoir lieu ce mois-ci entre Rice, le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.

Ce quartet, qui doit se réunir à Washington à la demande de Rice, comprend les Etats-Unis, la Russie, les Nations unies et l’Union européenne. Il se réunit plusieurs fois par an pour tenter de faire avancer le processus de paix israélo-palestinien.

« Nous solliciterons le soutien des membres du quartet et d’autres acteurs internationaux à cette initiative », a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack.

Le quartet s’appuie toujours sur la « feuille de route » rédigée en 2003 détaillant les mesures que doivent prendre Israéliens et Palestiniens en vue d’établir un Etat palestinien coexistant en paix avec Israël. La date d’un règlement était fixée à 2005, une date depuis longtemps dépassée.

Selon un expert du Proche-Orient, Jon Alterman, la feuille de route pourrait d’ailleurs manquer de pertinence à présent, étant donné la faiblesse des gouvernements tant israélien que palestinien et l’expiration des délais initialement fixés.

Les heurts violents opposant partisans du Hamas, au pouvoir, et du Fatah compliquent également la situation.

« Il faut que ce soit repensé. La situation sur le terrain a changé de façon dramatique, certaines des mesures restent appropriées mais beaucoup d’autres non », a déclaré Alterman, du Centre d’études stratégiques et internationales, un institut de réflexion basé à Washington.

DIVERGENCES

Le négociateur en chef des Etats-Unis au Proche-Orient, David Welch, a souligné quant à lui que plus de six ans s’étaient écoulés depuis la dernière « conversation constructive » entre Israéliens et Palestiniens et que les Etats-Unis souhaitaient faciliter la reprise du dialogue avec l’aide du quartet, notamment.

« Nous jugeons qu’il est important de donner crédibilité et force à cet effort », a déclaré Welch, secrétaire d’Etat adjoint chargé du Proche-Orient.

Les membres du quartet souhaitent tous relancer le processus de paix, mais ils ne parlent pas d’une seule voix quant au maintien de l’embargo occidental sur l’aide financière au gouvernement palestinien.

La Russie a estimé cette semaine que cet embargo devait être levé. L’Onu et l’Union européenne se sont elles aussi interrogées sur sa pertinence.

McCormack a expliqué que Washington souhaitait voir réaffirmée la position du quartet, exprimée il y a un an, selon laquelle l’aide financière aux Palestiniens ne reprendrait que si le Hamas acceptait de renoncer à la violence, de reconnaître les accords passés avec Israël et de reconnaître l’Etat juif.

Les pays arabes font pression de leur côté pour que Washington et le quartet s’impliquent davantage dans la résolution du conflit et obtiennent des deux parties qu’elles s’attaquent aux aspects les plus épineux du « statut final »: avenir de Jérusalem, frontières et réfugiés.

Le nouveau secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, participera à sa première réunion du quartet. Avec la commissaire de l’Union européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, il a dit espérer qu’elle permettrait d’aborder des « problèmes-clés ».

Pour l’ambassadeur d’Egypte à Washington, Nabil Fahmy, « le quartet devrait souligner et réaffirmer sa détermination à contribuer à l’avènement d’un règlement final ». « Cela donnerait élan et vigueur au processus de paix », a-t-il dit.