BRUXELLES  » Limité d’esprit […] Pas fort malin et se contredit facilement […] vocabulaire limité […] presque primaire […] hygiène défectueuse […] au bord de la débilité » . Les rapports des médecins, psychologues et psychiatres ne sont guère réjouissants.
André D., né à Ixelles. 42 ans. Profession : laveur de vitre. Domicilié à Verviers et détenu à Forest. Hier, il était devant la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles.
Il est accusé de viol. Sur des mineures. Entre février 1993 et juillet 2001. Pendant plus de 8 ans. Les victimes sont les deux filles de sa compagne, et enfin une troisième jeune et innocente enfant.
Mais le pervers nie. En bloc. « Non, je n’ai rien fait. Il ne s’est rien passé » .
Le tribunal : « Rien, jamais rien ? »
Le détenu : « Non, rien, je vous dis la vérité. »
Le tribunal : « Et avec la seconde victime, vous avez reconnu des moments d’égarement pendant… deux ans et demi, non ? »
Le détenu : « Oui, mais elle avait 17 ans, et elle était consentante. » Le pervers va plus loin. Selon lui, les policiers lui ont soufflé les réponses qu’ils attendaient.
« Il m’a volé toute ma vie »
Le tribunal retient que ses aveux (même s’il s’est depuis rétracté) concordent avec les propos des victimes. « Et elles n’en rajoutent pas. Parce que c’est la vérité. C’est ce qu’elles ont dû subir pendant toutes ces années. Alors, ne niez pas, monsieur, vous aggravez votre cas. »
Ensuite, l’avocat des victimes, Me Mehdi Abbès, a brillamment plaidé : « Mes clientes sont marquées à vie. L’une a déclaré : Il m’a volé toute ma vie. Elle a tenté de mettre fin à ses jours une dizaine de fois. Le traumatisme est indélébile. » Me Dumont plaidera pour le détenu à la mi-mars.