Cet attentat suicide, le premier en Israël depuis avril dernier, a été revendiqué conjointement par le Djihad islamique, un groupe islamiste, et les Brigades des martyrs d’Al Aksa, un mouvement issu du Fatah.

« Cette opération héroïque annonce le début d’une série d’opérations de défense de la mosquée d’Al Aksa (de Jérusalem) et constitue une réponse naturelle à l’agression sauvage de l’occupation (israélienne) », écrivent les deux organisations radicales dans un communiqué.

Le Djihad islamique ne s’est pas associé à la trêve conclue en novembre dans la bande de Gaza par Israël et certaines organisations palestiniennes.

Le Premier ministre Ehud Olmert a déclaré qu’Israël soupesait sa réaction. Son ministre de la Défense, Amir Peretz, a déclaré croire pour sa part que les groupe activistes voulaient remettre en cause cette fragile trêve qui concerne Gaza.

« Nous avons l’intention de protéger les citoyens d’Israël (…) Nous sommes certainement prêts à adopter une réaction appropriée. Mais, en même temps, nous ferons tout pour conserver le cessez-le-feu », a ajouté le leader travailliste, en laissant entrevoir une riposte mesurée de Tsahal.

KAMIKAZE INFILTRE D’EGYPTE

L’attentat, à quatre jours d’une réunion à Washington du « quartet » de médiateurs internationaux, a été commis dans un quartier résidentiel d’Eilat, à bonne distance des hôtels du front de mer.

Selon un porte-parole des Brigades des martyrs d’Al Aksa, le kamikaze se nommait Mohamed Faïçal Siksik. Originaire de la ville de Gaza, ce jeune homme de 21 ans appartenait à l' »Armée des croyants », une branche des Brigades des martyrs d’Al Aksa.

« Nous savions qu’il allait mener une opération martyre. Sa mère et son père ont prié pour qu’il réussisse », a déclaré son frère, Naïm.

Eilat, situé à 350 km au sud de Jérusalem, a été dans l’ensemble plutôt épargnée par les violences depuis le début de la seconde intifada en 2000. Près de 180.000 touristes étrangers y ont séjourné l’an passé.

Selon la police israélienne, le kamikaze s’est infiltré à Eilat par le Sinaï et la poreuse frontière israélo-égyptienne au nord d’Eilat.

Il a été emmené jusqu’à la ville par un automobiliste israélien. Celui-ci, trouvant suspect le comportement de son auto-stoppeur, a donné son signalement à la police après l’avoir déposé.

Un porte-parole du Djihad islamique a assuré pour sa part que le kamikaze s’était infiltré à Eilat par la frontière jordanienne.

A Washington, la Maison blanche a condamné l’attentat et estimé que le gouvernement de l’Autorité palestinienne était responsable de la prévention de ce genre d’opérations.

Le précédent attentat suicide commis sur le sol israélien remonte au 17 avril 2006, quand un kamikaze s’était fait exploser devant un restaurant de Tel Aviv, tuant neuf personnes et en blessant 60 autres. Déjà, l’attentat avait été revendiqué par le Djihad islamique.