C’est d’abord une démocratie, un pays de sécurité et, surtout, ses autorités font de gros efforts pour traiter de la question. Et puis le Mali est non seulement un pays de départ, mais aussi de transit et d’accueil des migrants » : le Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel, a ainsi expliqué la tenue, hier à Bamako, d’une réunion de concertation entre notre pays, la CEDEAO et l’Union européenne.
Le Commissaire européen a développé ce commentaire cours de la séance de restitution des résultats des travaux de la réunion de concertation, au président de la République Amadou Toumani Touré, au Palais de Koulouba. Cette rencontre de Bamako, qui constitue une contribution africaine à la mise en oeuvre de l’approche globale de l’UE sur la migration et le développement était présidée par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga (voir article de A. O. Diallo).
La réunion a donc abouti à l’adoption d’une déclaration conjointe signée par les différentes parties en présence du chef de l’État Amadou Toumani Touré. C’était dans le salon du Songhoï du palais présidentiel à Koulouba.
A travers cette « Déclaration de Bamako », les parties ont réaffirmé le sens de leur coopération dans le domaine des migrations internationales « qui doit rester celui d’une approche globale de la problématique migratoire, dans un esprit de partenariat orienté vers l’intérêt mutuel ».
Il est aussi question de renforcer les capacités du gouvernement malien en matière de gestion des flux migratoires et des Maliens de l’extérieur, d’accompagner la migration légale, la formation et de la réinsertion des migrants de retour, de valoriser le capital humain, financier et technique des Maliens de l’extérieur. La déclaration prévoit d’intensifier les actions de co-développement et de lutte contre la migration clandestine.
La complexité des différents aspects de la question migratoire, évoquées par la réunion, ont fait admettre aux différentes parties la pertinence de l’initiative de créer un Centre d’information et de gestion des migrations et une Maison des Maliens de l’extérieur. L’Union européenne et ses autres partenaires, ont donc convenu d’appuyer ces projets.
« C’est une approche positive de la migration. Il faut cesser de diaboliser la migration qui est un phénomène aussi vieux que le monde. Cette troisième voie qui est la création d’un centre, permet de donner des informations, de conseiller les migrants et de faire en sorte qu’ils se fixent chez eux. Tout ce qui touche le candidat à l’émigration, la gestion des migrations, sont des informations qui se trouveront dans ce centre. C’est un projet pilote et nous allons accompagner matériellement et financièrement le Mali dans sa création », a assuré Louis Michel.
Le choix du Mali par l’UE, pour cette première expérience, selon Mme Brigitte Girardin, ministre français délégué à la Coopération au développement et à la Francophonie, illustre le partenariat privilégié entre le Mali et la France dans le traitement de la question migratoire à travers un Comité franco-malien. « Le co-développement est une très bonne approche entre le Mali et la France. Il a permis la retour en toute dignité de 450 Maliens et la création de 1200 emplois », a noté Mme Brigitte Girardin.
Le Ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Oumar Hamadoun Dicko, a indiqué que parmi les 4 millions de nos compatriotes vivant à l’extérieur, 3,5 millions sont installés dans des pays africains, 200.000 en Europe dont 120.000 en France.