DOUR Décidément, la tension est loin de retomber à Dour et, plus que jamais, les antagonismes sont énormes entre la majorité du bourgmestre Carlo Di Antonio et le groupe socialiste, renvoyé en octobre dernier dans l’opposition.
Cette fois, c’est l’ancien président du CPAS Michel Payen (PS) qui est dans le collimateur de l’alliance orange-bleue-verte à Dour. On reproche à l’ancien conseiller communal d’avoir signé une vingtaine d’attestations de sans-abri entre le mois d’août et le mois de décembre, des attestations qui ont donc influencé clairement l’attribution de logements sociaux sur la commune.
« C’est un nombre anormalement élevé pour notre commune, explique Bob Kabemba qui préside le Centre public d’action sociale. En enquêtant, on peut se rendre compte qu’une bonne partie de ces attestations étaient injustifiées parce que les personnes ne respectaient pas les critères. Une enquête, comme le veut la loi, aurait permis de le constater mais, manifestement, elle n’a pas été menée. »
Le président du CPAS n’est pas le seul visé. Les attestations devaient être transmises au Logis Dourois qui traite les demandes de logements sociaux, à charge du comité d’attribution de faire les calculs correctement pour que les bonnes personnes puissent bénéficier de l’aide d’urgence.
Michel Payen faisait partie de ce comité d’attribution au moment des faits, au même titre que Nancy Soyeur (la directrice-gérante du Logis, licenciée il y a un mois) et Myriam Przybylowicz, une ancienne échevine du même groupe politique.
Et même si personne ne veut l’évoquer à haute voix, on parle de faux, usage de faux et association de malfaiteurs. L’intérêt aurait pu être électoral ou financier si les faits étaient avérés.
On se doute bien que Michel Payen ne l’entend pas de cette oreille. « Une vingtaine sur cinq mois ? C’est de l’ordre du possible. Mais il faut savoir qu’un sans-abri n’est pas forcément un SDF qui dort sous les ponts. Si on est passé au-dessus de certaines enquêtes, c’était pour que ces personnes démunies ne perdent pas encore des semaines, voire des mois, en procédures. »
Pour l’ancien président du CPAS comme pour son groupe politique, la raison est claire : il dérange. « Je suis le représentant de la nouvelle opposition au bureau permanent du CPAS et ça ne va pas à la majorité. Lors de notre dernière réunion, ils ont sollicité une interruption de séance de 45 minutes où on m’a clairement dit que si je me retirais, ils n’ébruiteraient pas cette affaire. » M. Payen a refusé. Et les bruits courent.