MADRID 191 morts. 1.824 blessés. Les attentats islamistes qui ont frappé Madrid le 11 mars 2004 sont encore dans la mémoire de tous les Espagnols. Après presque trois ans d’attente, les victimes ont enfin vu le procès de ceux qui les ont marqués à jamais débuter jeudi. « Je viens regarder dans les yeux les assassins de ma fille », déclarait hier matin à l’entrée du tribunal antiterroriste espagnol la maman d’une victime, Jamila Benselah. Tribunal devant lequel un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé pour ce procès qualifié de hors norme. Pas moins de 29 suspects sont poursuivis, dont 11 comparaissent libres, et qui devront tous expliquer la façon dont ces attentats ont été imaginés, organisés, financés et réalisés.
C’est par l’audition d’un des principaux accusés et cerveaux présumés de ces attentats qu’a débuté le procès. Rebei Ousmane Sayed Ahmed, dit Mohammed l’Égyptien, a cependant rejeté toute implication dans ces attentats. L’accusé nie tout lien avec al-Qaida.
« Monsieur le Président, jamais je n’ai eu aucune relation avec ces événements qui se sont déroulés à Madrid », a assuré Mohammed l’Égyptien en réponse aux questions de son avocat. « Jamais je n’ai inspiré des personnes ou des groupes de personnes impliquées », a-t-il encore déclaré. L’accusé, qui encourt près de 40.000 ans de prison pour 191 assassinats terroristes et 1.824 tentatives d’assassinats terroristes, était vêtu ce jeudi d’une gabardine beige, portant une longue barbe noire. Il a « condamné inconditionnellement et de manière complète » les attentats de Madrid ainsi que ceux du 11 septembre 2001 aux États-Unis et de Londres en juillet 2005. « Je n’ai jamais fait partie d’al-Qaida, ni d’aucune organisation islamiste », a-t-il affirmé. « Oui, l’islam est une religion de paix, ce qui s’exprime déjà dans notre salut qui veut dire paix », a-t-il encore poursuivi. L’intéressé s’était pourtant vanté, dans des conversations enregistrées à Milan par les services secrets italiens, d’être le principal instigateur des attaques de Madrid. « Toute l’idée de l’opération de Madrid était de moi », avait-il notamment déclaré, ajoutant s’être lui-même « préparé à être martyr ».

Ce vendredi, c’est par la poursuite de l’audition de Mohammed l’Égyptien que reprendra le procès.