BRUXELLES Les assureurs font plutôt grise mine. Et pour cause : les encaissements des produits d’assurance-vie ont chuté de plus de 18 % en 2006 par rapport à 2005, ce qui entraîne une baisse globale de 12 % de l’encaissement.
Une chute dont le responsable est sans ménagement pointé du doigt par Michel Baecker, administrateur-délégué d’Assuralia, l’Union professionnelle des entreprises d’assurances : la fameuse taxe de 1,1 % qui grève depuis le 1er janvier 2006 tous les versements vers les produits de branche 21 (First, Crest,…) et de branche 23. « Cette taxe a coûté 7,7 milliards d’euros de non-souscription d’assurance-vie par rapport à 175 millions d’euros de taxe. Nos encaissements sont revenus au niveau de 2003, cela veut dire que ce recul n’est pas dû uniquement aux versements effectués fin 2005 pour anticiper la taxe. Cela valait-il la peine de donner un coup de pied dans l’assurance-vie » , a ainsi lancé Michel Baecker. « Nous avons la malchance d’avoir une taxation à l’entrée qui a l’effet psychologique le plus fort. Seul l’avenir nous dira si cet effet psychologique va s’atténuer. »
En chiffres, cela donne une baisse de 19,9 % à 11,6 milliards d’euros pour la branche 21 et de 33,2 % à 4,2 milliards d’euros pour la branche 23, que n’atténue nullement la hausse de 0,4 % de l’assurance-vie groupe ou de 128 %, mais sur des montants modestes – 748 milliards -, de la branche 26, qui échappe, elle, à la taxe de 1,1 %. Une taxe dont Assuralia demande d’ailleurs la suppression.
Les produits non-vie se sont par contre mieux comportés. L’encaissement auto a augmenté de 1,2 % pour atteindre 3.019 milliards d’euros. Ce mouvement se décline en deux temps : une hausse de 4 % des primes omnium en raison de la forte croissance des nouvelles immatriculations et un effritement de 0,2 % des assurances RC en raison de la concurrence et des effets des jokers en cas de sinistre.
La hausse des primes incendie a quant à elle bondi de 8 % à la suite, d’une part, de l’indexation automatique de l’indice Abex de 4 % et de la couverture des catastrophes naturelles.
Assuralia plaidera aussi auprès du prochain gouvernement pour que la Belgique assouplisse d’ici au 21 décembre, comme elle en a la possibilité grâce à la clause d’opting-out, une directive européenne imposant l’égalité homme-femme, sous peine d’entraîner la hausse de primes d’assurance-vie pour les femmes, comme, par exemple, le solde restant dû.