BRUXELLES Albert II a demandé lundi au président de la Chambre des députés, Herman Van Rompuy, d’étendre aux « problèmes sociaux, économiques et de société » sa mission en vue de la formation d’un gouvernement, a indiqué le Palais dans un communiqué.Le 29 août, après l’échec d’une tentative du chef de file des chrétiens-démocrates flamands Yves Leterme de constituer un gouvernement de centre-droit, le souverain avait confié à M. Van Rompuy, membre du même parti, le CDV, une mission « exploratrice » limitée aux questions « communautaires ».
C’est en raison de profondes divergences entre les deux grandes communautés linguistiques belges –le pays compte 60% de néerlandophones et 40% de francophones– que M. Leterme avait dû rendre son tablier après cinq semaines de négociations houleuses. Les francophones lui reprochaient de privilégier les intérêts de la Flandre plutôt que ceux du pays.
Aucune information n’a filtré sur les éventuelles avancées qu’aurait engrangées M. Van Rompuy sur les questions qui fâchent les partis flamands et francophones, dont la plus aigue concerne les droits des francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles.
Mais la méthode de négociations d’Herman Van Rompuy, qui a multiplié les contacts loin des caméras, a été saluée par la classe politique, y compris par les francophones. Dès lors, c’est sans surprise que le Palais a indiqué lundi que, « outre les problèmes institutionnels, M. Van Rompuy explorera aussi au moment opportun les problèmes sociaux, économiques et de société ».
Il s’agit probablement de laisser M. Van Rompuy avancer le plus loin possible dans les discussions afin de permettre le retour dans la dernière ligne droite d’Yves Leterme, considéré en Flandre comme le candidat « incontournable » au poste de Premier ministre, suggérait lundi un négociateur francophone.