BRUXELLES Il est arrivé en retard, les traits tirés, le sourire rare. Pourtant, aucun repos en perspective, pour Elio Di Rupo. Dès ce soir, à Namur, il entame une série de débats face aux militants, en vue de l’élection à la présidence du PS. A-t-il hésité à s’y porter candidat ? « Pas un instant « , assure le Montois dans l’entretien qu’il accorde à la DH . « Cela allait de soi. Le président d’un parti fort comme le nôtre est un des rares traits d’union entre Bruxelles et la Wallonie. C’est un élément coordinateur pour le plan Marshall wallon et le redressement bruxellois.  »
Préférer rester président est-ce pour rester maître de votre propre destin ?
« Ma carrière m’importe peu. Un président indique les valeurs, fait en sorte que des comportements changent, que se poursuive la rénovation… »
Se poursuive ou change de ton ?
« Se poursuive. En huit ans, le PS a fait des pas de géant ! Avant 99, nous avions deux femmes élues. Elles sont aujourd’hui 40 % ! Et on a introduit le suffrage universel en interne. »
Sous Di Rupo III, le PS sera-t-il plus à gauche et plus wallon ?
« Il sera plus à gauche, mais une gauche moderne, utile et éthique. Il y aura une dynamique populaire rassemblant le plus grand nombre. Et il va redevenir le premier parti de Wallonie. »
Aux élections de 2009 ?
« Si on peut. Il faudra essayer. »
L’échec du 10 juin vous fait-il encore fort mal ?
« Quelles qu’en soient les circonstances, il faut accepter la sanction électorale. Nous avons 20 députés, contre 19 en 1999. Malgré cela, on veut nous mettre dehors. Transformons l’échec… »
Un échec dû à quoi ? N’est-ce pas très court de le résumer à Charleroi ?
« C’est vrai. Il y a trois ou quatre causes que je garde pour moi. Je reverrai une série de gens fin juillet pour voir la façon d’y répondre. Les lamentations, ça ne sert à rien. »
On vous a souvent dit otage de vos fédérations…
« C’est un cliché facile. Les fédérations jouent un rôle important, mais le PS a changé. Avant, la présidence se négociait entre barons. À présent, c’est au suffrage universel. »
Donc, la fédération de Liège qui réclame la présidence du gouvernement wallon, ce sera non ?
« Je n’ai pas entendu la fédération me demander ça… »
Ses hommes forts, disons…
« Demander, on peut toujours. J’ai une image claire de ce que je ferai, dans le disque dur de mon cerveau. »
La candidature de Jean-Pierre De Clercq vous étonne-t-elle ?
« Il est clair que nous avons deux profils, deux visions, deux types de comportements diamétralement opposés. Au moins, le débat est clair. »
Où placez-vous la barre du succès ?
« La participation sera modeste : je ne peux pas faire revenir de vacances les juillettistes, et on a interdit les votes par procuration pour éviter les fraudes. Je ne me fixe aucun score. Une victoire, c’est toujours au moins 50,1 %… »
On vous a souvent reproché la rupture de contact avec la base…
« C’est entièrement faux ! On se connaît assez, vous savez ma grande humilité. Quand, dans une élection, on arrive premier en nombre de voix et en taux de pénétration, on peut difficilement parler de rupture avec la base… »
Réformerez-vous les statuts du PS?
« Oui. Il faudra pouvoir répondre plus rapidement aux écarts éthiques. »