BRUXELLES Les discussions pour la formation d’un gouvernement intérimaire sont toujours au stade des contacts informels entre les potentiels partenaires d’un exécutif que tout le monde appelle de ses voeux mais dont chacun a une vision différente. Mardi matin, réagissant à de fausses rumeurs, Guy Verhofstadt a indiqué qu’un consensus grandissait autour de l’idée d’un gouvernement intermédiaire.A ce stade, selon les états-majors de plusieurs partis, la coalition asymétrique regroupant l’orange bleue du côté flamand (CD&V;/N-VA et Open Vld) et la tripartite traditionnelle du côté francophone (MR, PS et cdH) serait toujours la formule la plus testée. Cela bloque encore du côté francophone, disait-on à plusieurs sources.
Cette formule de gouvernement a l’avantage de disposer d’une majorité des 2/3 avec 101 voix sur 150 à la Chambre. Telle qu’organisée du côté flamand, elle agrée l’Open Vld. Le CD&V; se refuse à tout commentaire officiel. Le président du MR Didier Reynders relevait lundi qu’elle faisait porter aux francophones le poids de la recherche de la majorité spéciale nécessaire pour la réforme de l’Etat voulue par les Flamands. Sur les 101 députés dont elle disposerait, il y a en effet 53 francophones pour 48 flamands. Didier Reynders ajoutait que pour son parti le plus important est le programme et plus spécialement dans les domaines socio-économiques, de justice, de sécurité, de santé….
Quant au PS, il hésite à aller au gouvernement sans le sp.a. « Ce n’est pas évident. Cela constituerait un précédent », dit-on chez les socialistes francophones où on comprend toutefois les difficultés du parti frère à s’engager dans un gouvernement intérimaire sans garantie pour l’avenir.
De plus, dans cette formule asymétrique, la majorité reste l’otage de la N-VA.
« Il faut le temps aux partis qui voulaient l’orange bleue de panser leurs plaies », disait le matin le vice-président du PS, Philippe Moureaux. Pour lui, « dans sa tête, Guy Verhofstadt est formateur mais il est sur le fil et on ne peut pas trop le dire ».
Il est aussi évident, depuis plusieurs jours maintenant, que la formule de gouvernement recherchée est une coalition qui dispose de la majorité des 2/3. « Qu’on l’aime ou pas mais il faut savoir qu’on ne redémarrera vraiment que lorsqu’on aura redessiné la Belgique », commentait encore Philippe Moureaux. L’arrivée du PS sur l’avant-scène de la négociation a incontestablement joué un rôle dans l’acceptation de cette réalité.
Dans plusieurs partis on laissait entendre mardi qu’il ne fallait sans doute plus attendre de solution cette semaine. Jeudi, Guy Verhofstadt se rend à Lisbonne pour la signature du nouveau traité européen. Il revient le soir même et participe vendredi au Sommet européen qui se tient à Bruxelles.