BRUXELLES « La persistance d’une telle situation est de nature à retarder la mise en oeuvre des mesures budgétaires nécessaires et de mettre en péril les objectifs pour 2008 », avertit l’exécutif communautaire.
Le déficit enregistré en 2007, en raison de l’impossibilité d’exécuter une série de mesures uniques, devrait se creuser à environ 0,4% du PIB en 2008 faute de nouvelles décisions, précise la Commission.Elle épingle par ailleurs le maintien d’une fiscalité élevée sur le travail, en particulier pour les travailleurs faiblement qualifiés. La politique fiscale actuelle « semble insuffisante pour donner aux travailleurs peu qualifiés des incitants pour reprendre le travail ou pour améliorer substantiellement le taux d’emploi des travailleurs âgés ».
Au niveau micro-économique, la Commission salue certaines politiques, comme l’accompagnement des chômeurs ou la réduction des émissions de CO2. « La Belgique devrait atteindre ses objectifs de Kyoto. Des incitants financiers ont été introduits pour atteindre une plus grande efficacité énergétique et des droits d’émission vont être acquis à l’étranger », est-il précisé.
Le rapport est par contre très critique sur la libéralisation de l’énergie, dont la mise en oeuvre « par le gouvernement fédéral et par les régions est insuffisante pour neutraliser le pouvoir des opérateurs historiques ».
« La libéralisation du marché des usagers résidentiels en 2007 n’a été qu’un succès partiel, avec des progrès particulièrement lents à Bruxelles », martèle la Commission, qui déplore la mainmise des opérateurs historiques sur les réseaux de distribution, également en Wallonie.
Ces conclusions sur la Belgique font partie d’un rapport plus large sur l’application de la nouvelle stratégie de Lisbonne, censée doper la croissance économique et l’emploi de qualité à travers l’Europe.
« Lisbonne fonctionne. Nous avons les meilleurs résultats depuis les années 1980 », s’est félicité à ce sujet le président de la Commission, José Manuel Barroso, lors d’une conférence de presse.
Il a souligné la bonne tenue des indicateurs, notamment ceux de la croissance, du chômage, du déficit budgétaire et de la productivité, qu’il a comparé à la faiblesse actuelle de l’économie américaine.
Interrogé par des journalistes, M. Barroso a reconnu que cette situation comportait « une partie cyclique », tout en assurant que « c’est extraordinaire ce que l’Europe a fait ces dernières années ».
Il a par ailleurs admis que plusieurs domaines restaient en retard à l’échelle de l’Europe, citant la formation continue et l’investissement du secteur privé dans la recherche et développement.