A l’ouverture de la « Conférence pour une gouvernance écologique mondiale » à Paris, le chef de l’Etat a appelé à une « révolution » pour passer à un « nouveau stade de la conscience humaine ».

« Face à l’urgence, le temps n’est plus aux demi-mesures: le temps est à la révolution au sens authentique du terme. La révolution des consciences. La révolution de l’économie. Et la révolution de l’action politique », a-t-il déclaré dans son discours d’accueil prononcé à l’Elysée, où sont réunis les représentants d’une soixantaine de pays à son initiative.

« Il nous faut passer à un nouveau stade de la conscience humaine. Notre intelligence doit se consacrer à la protection de la planète. Nous devons apprendre à cultiver un rapport harmonieux entre l’homme et la nature » et à inventer une « autre croissance », a ajouté Jacques Chirac, qui s’est dit persuadé que « la révolution des consciences rendra(it) possible la révolution de l’économie ».

Le coup d’envoi de cette conférence à l’Elysée a été donné dans la foulée de la publication du nouveau rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui pointe avec un degré de certitude jamais atteint auparavant que les activités humaines sont responsables du réchauffement climatique.

La France espère vendredi et samedi lancer un « groupe pionnier » qui sera chargé de promouvoir une la création de l’Onue.

LE MULTILATÉRALISME EST « LA CLÉ »

Elle viendrait remplacer l’actuel Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).

Le Pnue « ne dispose pas d’un pouvoir et d’un poids institutionnel suffisants », a estimé Jacques Chirac. « Notre objectif ce doit être de le transformer en une organisation des Nations unies à part entière ».

A l’orée de deux journées de travail et de débats, le chef de l’Etat s’est fixé une mission: « mobiliser tous les citoyens, tous les milieux » afin de « constituer un groupe de pays pionniers » chargés de « convaincre ceux des pays qui hésitent encore « .

« Ce combat se joue à l’échelle du monde », a-t-il insisté devant ses hôtes, réunis dans la grande salle des fêtes de l’Elysée. « La crise écologique ignore les frontières or nous agissons encore trop souvent en ordre dispersé. Il faut construire un gouvernement, une gouvernance mondiale de l’environnement ».

Avec la défense de l’environnement, le combat diplomatique de Jacques Chirac pour un monde multipolaire a trouvé un nouveau théâtre.

« L’unilatéralism e dans ce domaine aussi mène à une impasse », a souligné le président français. « De même qu’il est la condition de la paix, le multilatéralisme constitue la clé pour un développement durable ».