NAMUR La Wallonie ne veut, en matière institutionnelle, ni retour en arrière, ni fuite en avant, a rappelé samedi le ministre-président wallon, Rudy Demotte, à l’occasion des Fêtes de Wallonie. Elle entend prendre son destin en main, puiser dans ses propres ressources mais ne veut pas sortir du cadre actuel et préfère miser sur des partenariats avec les autres entités et le pouvoir fédéral.
« Très pragmatiquement, nous continuons à croire en la valeur ajoutée de la Fédération belge », a lancé M. Demotte
Comme le président du parti socialiste en 2004, le ministre-président a toutefois mis en garde contre toute vélléité séparatiste.
« Ce sont les Régions qui pourraient s’affirmer comme les piliers d’un Etat fédéral Wallonie-Bruxelles si, par malheur, d’aucuns choisissaient l’aventure séparatiste. Mais nous n’en sommes heureusement pas là et c’est bien dans le cadre fédéral actuel, équilibrant autonomie et solidarité, que nous souhaitons construire notre avenir », a-t-il souligné.
Le ministre-président wallon a aussi évoqué Bruxelles et répondu de la sorte à l’appel lancé par le président du MR, Didier Reynders, à propos d’une rationalisation des institutions francophones, et aux partis flamands. Il a insisté sur la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles -lançant au passage au ministre-président bruxellois Charles Picqué: « tu nous a appelés ce matin à l’envie l’un de l’autre, je te réponds par le désir »- mais il n’entend pas que l’autonomie régionale de l’un ou de l’autre soit remise en cause.
M. Demotte s’est également adressé au gouvernement fédéral: la volonté de la Région wallonne est de trouver rapidement un interlocuteur solide. Il a d’ailleurs rappelé l’ouverture de la Région à l’élaboration de plans fédéraux sur le logement, l’emploi ou le développement durable.
Le discours prononcé samedi a aussi été l’occasion pour le ministre-président de lancer un « message d’urgence »: le rédéploiement est en marche mais les Wallons attendent des résultats. Il a cependant exhorté ces derniers à se saisir de leur destin. « La Wallonie, les Wallonnes et les Wallons ne doivent pas subir mais agir », a-t-il fait remarquer.
Le président du parlement wallon, José Happart à quant à lui répété son credo régionaliste et sa conception d’une Belgique composée de trois Régions. Il a évoqué une « marche vers la souveraineté de la Wallonie », qui a commencé au début du siècle passé avec Jules Destrée, tout en disant s’inscrire dans le « cadre fédéral actuel et évolutif ».
M. Happart a mis par ailleurs la Flandre en garde si elle touchait aux facilités linguistiques en vigueur dans certaines communes. La Région bruxelloise pourrait alors mettre fin au bilinguisme dans la capitale, a-t-il averti.