ROCHEFORT Hier, au domicile d’Éric Pero, ce jeune et vaillant pompier de 28 ans tragiquement décédé mercredi matin en intervention, nous découvrons sa famille. Sa jeune femme d’origine cambodgienne, Serey, et les deux enfants, Alexandre, 7 ans, et Méline, 3 ans.
Recroquevillée sur son chagrin, la jeune femme essaie de trouver la force en elle-même pour surmonter sa douleur et peut à peine parler : « Vous savez, Éric était quelqu’un de très simple. Il adorait son métier ». Son objectif : consacrer une partie de sa vie aux autres. En privé, Éric Pero faisait partir des Compagnons de Rochefort. Il n’hésitait pas à accueillir un sans-abri chez lui. La disponibilité était sa marque de fabrique.
Éric était pompier, par vocation, par passion. De parents français mais né en Belgique, Éric avait de solides références. « Il avait été pompier à Paris, c’est dire. En novembre, Éric Pero avait été engagé comme pompier professionnel à Bruxelles. Résidant à Rochefort, il avait été recruté pompier volontaire (réussissant avec grande distinction tous ses tests) », se souvient Francis Bodart, le commandant des pompiers de Rochefort.
Autrement dit, quand il récupérait, il lui arrivait de partir au feu à Rochefort. Ce fut le cas mardi matin : « Eric était en congé et faisait de la maçonnerie avec son papa dans la maison quand il est parti en intervention. Il n’aurait pas dû être là ».
Même quand le mortier est sur la truelle, Éric répondait présent ! Le jeune homme, dans la force de l’âge, était un excellent pompier, sa condition physique était excellente. « Il était aussi très curieux du matériel, il posait beaucoup de questions. Il rigolait beaucoup. Il était très souriant. Un garçon très simple, très, très gentil. On était très proches », décrit, très ému, un jeune collègue, Sylvain Maréchal. « On se soutenait l’un l’autre. Il aimait le sport, il aimait courir. Ses enfants l’occupaient beaucoup. »
Hier, les pompiers de Rochefort soutenus par leurs collègues de Bruxelles et la Protection civile, sont retournés sur les lieux du drame. « Nous avons pris beaucoup de risques pour essayer de le sauver. On se disait : il s’est peut-être réfugié dans un endroit, il nous attend peut-être quelque part… » Francis Bodart se repasse le film des événements : « Un flash-over est très difficile à détecter, même par un spécialiste. Nos pompiers ne sont jamais exposés à ce phénomène en formation. Contrairement à la Finlande, à la Suède, nous manquons vraiment de formations pratiques qui sont essentielles ».
À la caserne, les drapeaux sont en berne jusqu’à samedi, jour des funérailles d’Éric.