BRUXELLES Son bouquin n’en pipe mot. Pourtant, c’est bien sur le communautaire que Guy Verhofstadt aura essuyé un tir nourri de questions, lundi, lors de la présentation de la version francophone de son Quatrième manifeste du citoyen , paru en décembre dans la langue de Vondel.
Notez, le Gantois l’a bien cherché. Lui dont Louis Michel (MR) assure qu’il « ne fait jamais rien par hasard  » l’avait justement invité à poser à ses côtés, de même que son président de parti, Didier Reynders (MR). Du coup, le locataire du 16, qui se verrait bien resigner un nouveau bail en juin, a eu toutes les peines du monde à parler du fond de son livre. Tout – ou presque – aura tourné autour de la énième réforme de l’Etat que la Flandre entend forcer.
Avec l’appui, ici aussi, des libéraux francophones ? Les sourires se sont faits un peu plus gênés. C’est que ce week-end, les ténors du VLD sont davantage sortis du bois en la matière. Et que le subtil mélange d’unitarisme et d’autonomie accrue aura au moins laissé sur sa faim le président du FDF, composante importante du MR dans la capitale fédérale.
« Qu’il y ait des divergences institutionnelles entre francophones et Flamands, je suis un peu étonné que vous considériez cela comme un scoop « , a tenté Didier Reynders en pirouette. « Ce que je partage, c’est le souci de dialogue, d’efficacité et de faire passer des idées de fond « .
Verhofstadt se dit convaincu des vertus du dialogue qu’il préconise. Pour preuve, « nombre de citoyens  » se seraient déjà manifestés pour lui dire que la voie qu’il préconise est bien la bonne. « J’ai eu des réactions très positives là-dessus « , assène le Gantois. « Il faut essayer de trouver un équilibre entre plus d’autonomie et la réforme de la fédération de Belgique, c’est ça la nouveauté !  »
« Naturellement « , poursuit le Premier ministre, « cela sort du cadre classique de ce pays ! En Belgique, il faut être soit dans le fanatisme séparatiste, soit dans l’immobilisme. Mais plutôt que de répéter les approches sur les facilités que tout le monde connaît depuis dix, quinze ou vingt ans, j’ai essayé de trouver une autre forme d’équilibre.  »
Louis Michel, de son côté, a justifié sa présence par « la solidarité, l’amitié « . Haussant le ton, il « entend  » aussi « faire entrer dans le crâne  » des journalistes « qu’un commissaire européen reste un homme politique et pas un fonctionnaire « . Bref qu’il « entend mener campagne à fond  » à la place la plus utile à son parti…