Des passagers d’un avion de ligne de la compagnie Air Mauritanie, qui avait été détourné vers les Canaries jeudi 15 février après son décollage de Nouakchott, ont réussi à neutraliser le pirate, a annoncé une responsable du ministère espagnol de l’Intérieur.
Selon Carolina Darias, l’auteur du détournement a ensuite été arrêté quand des hommes de la Guardia Civil ont investi l’appareil peu après son atterrissage sur la base aérienne de Gando, près de l’aéroport international de Las Palmas, la capitale de l’île de Grande-Canarie.
Parmi les 71 passagers du Boeing 737-800, pour la plupart espagnols et mauritaniens, 21 ont reçu des soins pour des blessures légères. Une femme enceinte a quant à elle été soignée pour un état de choc.
La police espagnole a indiqué que le pirate était porteur de deux armes de poing chargées.

Sahara-Occidental

De son côté, la police mauritanienne a assuré que le motif de cet homme n’était pas le terrorisme. Mohamed Ould Mohamed Cheikh, l’un de ses hauts responsables, a précisé qu’il s’agissait d’un ressortissant marocain originaire du Sahara-Occidental et candidat à l’immigration en France.
Le pirate avait tenté à plusieurs reprises d’obtenir un visa pour la France à l’ambassade de ce pays à Nouakchott, où il résidait depuis quelques mois, a ajouté Mohamed Ould Mohamed Cheikh. L’identité du Marocain n’a pas été communiquée.
Le Boeing d’Air Mauritanie avait décollé de la capitale mauritanienne à 16h30 locales avec 71 passagers et huit membres d’équipage. Il devait faire escale à Nouadhibou, dans le nord de la Mauritanie, avant de rallier Las Palmas.
Le motif du détournement n’est pas connu. Selon Mohamed Ould Aoufa, directeur d’Air Mauritanie, le pirate a d’abord demandé à se rendre en France. Mais après le refus de l’équipage, qui a fait valoir le manque de kérosène, l’avion a rejoint directement les Canaries, dans l’océan Atlantique, pour ravitailler.

Refus du Maroc

Mohamed Ould Aoufa a affirmé que des membres de l’équipage ont eux aussi participé au mouvement qui a permis de neutraliser le pirate.
L’avion s’est posé peu après 19h sur la base militaire de Gando. Le détournement devait s’achever quelques minutes plus tard, après l’intervention de la Guardia Civil, qui n’a eu qu’à arrêter l’individu.
Selon l’agence marocaine MAP, le Maroc a refusé d’autoriser l’appareil détourné à atterrir sur son territoire. L’avion aurait en effet essayé de se poser à Dakhla, ville du Sahara-Occidental, avant de se heurter au refus des autorités du royaume.