BRUXELLES Six mois. Ce lundi, cela fait six mois jour pour jour que la Belgique s’est rendue aux urnes. Avec un résultat clair. Mais une situation politique qui l’est, une demi-année plus tard, moins que jamais.
Les choses avaient pourtant semblé bien progresser, depuis lundi dernier. Le Roi avait confié une mission à Guy Verhofstadt (Open VLD) : l’informer « à très court terme  » sur « la manière de sortir de l’impasse « . Depuis, les contacts allaient bon train. À tel point que l’on s’attendait, fin de semaine, à un retour du Gantois au Palais ce dimanche. Espoir finalement déçu, à cause du SP.A, refusant, de façon contradictoire entre ses ténors, de prolonger la Violette sortante.
Or, Verhofstadt aimerait un vote de confiance, ce jeudi, des libéraux et socialistes sur un programme en quelques points répondant aux urgences des citoyens.
La suite n’est guère plus aisée à ébaucher. M. Leterme, ce week-end, a enterré l’Orange bleue. Donc aussi son programme quasi ficelé, qu’il faudra reprendre à zéro, quelle que soit la formule retenue.
Alors, que va-t-il se passer ? L’espoir, en coulisses, est toujours de mettre sur pied très rapidement un gouvernement des affaires urgentes. Si le bureau du SP.A confirme son refus ce matin, le plus probable est d’essayer d’y faire entrer le CD & V/NV-A.
Mais ce ne serait que pour un laps de temps très court. Car une chose fait l’unanimité : il faut mettre, ensuite, rapidement sur pied un gouvernement disposant d’entrée de jeu de la majorité des 2/3, pour réformer l’État.
Mais comment ? Mystère. Le MR continue de caler sur l’idée d’une tripartite classique, associant les familles libérale, socialiste et chrétienne.
Première parade possible : associer MR, PS et Écolo au Sud, avec le CD & V/NV-A, l’Open VLD et Groen au Nord. Avantage : 103 voix sur 150, soit plus que les 2/3 requis. Inconvénient : Écolo a un problème de cohabitation avec la NV-A. Et le PS veut le CDH à ses côtés, comme Elio Di Rupo en a de nouveau convenu avec ses ministres dimanche matin, juste avant les débats télé.

MR et Écolo au… Paradis

Nul doute que cette formule, pourtant, aura été samedi soir au centre des discussions lorsque MM. Reynders et Javaux se sont croisés, avec leurs épouses respectives, au concert de Vanessa Paradis.
Deuxième parade : un gouvernement d’union nationale, voulu par le PS. Mais beaucoup craignent qu’il ne soit purement institutionnel. De plus, le MR pourrait alors revendiquer le 16 pour M. Reynders, ce qui serait difficile à avaler pour le CD & V et pour le PS.
Bref, pas simple tout ça. Ce lundi, les bureaux de parti pourraient, enfin, un peu clarifier la donne. Ou la compliquer encore bien davantage pour Guy Verhofstadt…