CHARLEROI Peut-on imaginer que des véhicules du pool communal de Charleroi roulent au rouge, au mazout de chauffage ? La découverte d’un bon de commande de carburant inadapté ouvre cette hypothèse. À ce stade, il est prématuré de tirer des conclusions. Mais l’échevin du Charroi, Paul Ficheroulle, est formel : il a fait annuler une commande de fuel inadaptée à l’approvisionnement des moteurs.
Simple erreur administrative ou élément d’une fraude aux accises ? « Nous passons en revue toutes les imputations », se borne-t-il à indiquer.
C’est la détermination du nouveau collège communal, et le renforcement de sa politique de contrôle qui a permis de mettre au jour cette anomalie. Dès l’annonce de la formation de la majorité PS-MR-CDH, ses leaders avaient annoncé que la priorité serait d’intensifier les vérifications du fonctionnement correct de l’ensemble des rouages de l’appareil administratif, dans un souci de bonne gouvernance.
À cet exercice, le député-échevin Paul Ficheroulle ne se montre pas le moins actif. Selon une source proche du dossier, tout part d’un bon suspect émis par le département des Économies d’énergie. « Il portait sur une commande de mazout de chauffage », rapporte notre informateur. « Très vite, il est apparu que ce fuel servirait à l’approvisionnement d’engins du service Travaux. »
Il faut savoir que ceux-ci fonctionnent au gasoil industriel, un produit tarifé à un prix inférieur à celui du carburant routier en raison d’accises moins élevées mais dont le coût reste au-dessus du mazout de chauffage. Le bénéfice de l’opération est donc financier en raison des économies de taxes qu’il apporte. « Avec des risques très minimes de contrôle vu que les prélèvements de fuel des accisiens s’exécutent généralement sur la route, et non sur des engins de chantier. »
Ficheroulle assure que les citernes qui assurent le ravitaillement en carburant des véhicules de service contiennent un produit conforme. « Rien ne me permet de penser que si fraude il a pu exister, elle s’est étendue à notre parc roulant. »
Un parc dont l’usage est désormais soumis à des critères stricts d’utilité, selon les recommandations de l’audit de la Région wallonne. « Nous avons mis fin au régime des facilités qui permettaient à certains agents de rentrer chez eux avec un véhicule de service. À présent, seuls les membres de personnel de garde sont autorisés à le faire. »
Avec quelques exceptions pour les échevins et de hauts fonctionnaires.