BRUXELLES Fusionner les gouvernements de la Communauté française et des Régions wallonne et bruxelloise ? Le président du MR, Didier Reynders, avait relancé la demande, fin août. Mais le PS calait sec, suspecté de vouloir protéger son fait régional et son clientélisme. Ce matin, pour sa rentrée devant le Parlement de la Communauté française, Marie Arena va pourtant franchir un pas… en arrière. Et dire oui au débat. « Elle ne s’avance pas seule « , assure son chef de cabinet. « Son idée bénéficie du soutien d’Elio Di Rupo, de Rudy Demotte et de Charles Picqué . »
Quelle idée ? Celle d’ouvrir le débat en deux temps : d’abord une réflexion sur le projet francophone. Puis voir, par la suite, la meilleure façon de défendre ce projet par un éventuel remaniement des institutions.
Ce débat se tiendrait dans une « commission de l’avenir Wallonie-Bruxelles 2009 « , associant les élus des trois Parlements concernés et la société civile (partenaires sociaux, monde culturel, monde académique et médias).
Tout aboutirait pour fin 2008. « Cela offre l’avantage d’être prêt avant les élections régionales de 2009, tout en ne nous mettant pas en position de demande par rapport à la Flandre dans les négociations actuelles.  »
Le message délivré par Arena semble donc permettre au PS de franchir un cap dont l’avenir dira s’il est sincère ou non dans son chef.
Il tombe assez bien. Interrogé hier soir sur La Première, Didier Reynders a justement replaidé pour cette simplification.

Premier ministre… du Sud

Lui-même n’exclut pas, à terme, de briguer le poste de Premier ministre … du sud du pays. Traduisez : des gouvernements fusionnés. Il accepterait alors de quitter la présidence du MR. Ce qui n’est donc pas pour tout de suite, puisqu’il sera candidat à sa réélection l’an prochain.
M. Reynders a par ailleurs confirmé sur la RTBF que sa préférence reste de former l’Orange bleue. Mais elle stagne toujours. Hier matin, pendant deux heures, Herman Van Rompuy (CD & V/NV-A) a revu les présidents du MR et du CDH sur BHV. Sans avancées. Et son frère Eric, sur son blog, estime la situation bloquée comme jamais. En attendant, la crise menace 1.000 travailleurs des contrats de ville, financés par le fédéral, de perdre leur job. Le ministre Dupont (PS) proposera de prolonger leurs contrats d’un an, ce vendredi, au Conseil des ministres.