Fière «d’avoir contribué à la modernisation des idées», mais aussi d’avoir réussi au sein de la région Rhône-Alpes «ce changement qui semble aujourd’hui naturel: faire travailler ensemble des gens différents», Anne-Marie Comparini met un terme à sa carrière politique. L’ex-présidente UDF de la seconde région économique de France annonce mercredi matin «non sans émotion» dans le quotidien Le Progrès qu’elle ne «participera pas aux municipales» à Lyon l’an prochain. Le Modem de François Bayrou, dont elle est une proche, comptait pourtant sur elle. «Ma décision est une décision très pensée. Leurs interventions [de François Bayrou ou du Modem] n’auraient rien changé», explique-t-elle.
«La classe politique ne doit pas s’accrocher au pouvoir»
En juin dernier, Anne-Marie Comparini avait été éliminée dès le premier tour des législatives. «Mon échec aux législatives m’a conduit à penser que la classe politique ne devait pas s’accrocher au pouvoir». On «ne peut plaider pour un renouvellement du personnel politique et rester», insiste-t-elle. A 60 ans, elle souhaite désormais «reprendre sa vie professionnelle», «plutôt dans les sciences et dans les PME qu’[elle] aime beaucoup». Elle mènera toutefois son mandat de conseillère régionale «à son terme».

Arrivée au pouvoir suite à l’invalidation par le conseil d’Etat de l’élection de Charles Millon à la région Rhône-Alpes en 1999, l’ancienne assistante parlementaire de Raymond Barre a dû composer avec des partenaires socialistes. En 2004, elle avait déjà échoué dans sa tentative de réélection à la tête de la région sur une liste d’union UDF-UMP face au socialiste Jean-Jack Queyranne.
«Trois ou quatre personnes» pour la remplacer au Modem du Rhône Se pose désormais la question de sa succession à la tête du Modem du Rhône. Anne-Marie Comparini précise qu’elle s’est «donné le temps de mettre la maison démocrate en ordre : les groupes de travail sont opérationnels et notre site participatif est lancé. Il y a trois ou quatre personnes qui ont dans leurs mains les cartes pour devenir chef d’équipe».
Reste à savoir si la non-candidature d’Anne-Marie Comparini changera la donne pour les municipales de l’an prochain. A Lyon, ville de tradition centriste, le maire socialiste Gérard Collomb défend son siège face à l’ex-ministre Dominique Perben.