Devancée par
Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal s'est qualifiée
dimanche pour le deuxième tour de l'élection
présidentielle, effaçant l'échec de Lionel
Jospin il y a cinq ans.
Selon les résultats après dépouillement de plus
de 99% des bulletins, la candidate du PS, du PRG
et du MRC obtient 25,80% des suffrages, frôlant
le score de François Mitterrand en 1981
(25,85%).
"Notre victoire est possible", a déclaré la
première femme à avoir une vraie chance
d'accéder à l'Elysée, dernière des "gros"
candidats à s'exprimer après l'annonce des
résultats, vers 21h40 et seule à s'exprimer de
province, à Melle, son fief électoral des
Deux-Sèvres.
Peu après 01h00 du matin, la présidente de
Poitou-Charentes s'est rendue à Paris rue de
Solférino, siège du PS, où des centaines de
partisans l'attendaient malgré l'heure avancée.
"Pour me conduire vers la victoire, j'ai besoin
de vous. Bien sûr de tous les militants
socialistes mais bien au-delà", a-t-elle lancé
depuis l'estrade où elle se trouvait avec une
partie de son équipe de campagne et son fils,
Thomas.
"Un rassemblement est en marche, une dynamique
est en mouvement, la bataille commence dès ce
soir", a-t-elle ajouté sous les cris "Ségolène
présidente".
Ségolène Royal sera dès lundi soir en meeting à
Valence avant Montpellier mardi et Lyon
vendredi. Un meeting est également prévu le 1er
mai à Paris, probablement au Palais omnisports
de Bercy, où Nicolas Sarkozy réunit ses
partisans le 29 avril.
D'autres rencontres publiques pourraient
s'intercaler ainsi que des apparitions
radio-télévisées mais "le plan média n'est pas
encore calé", a-t-on précisé dans l'entourage de
la présidente de Poitou-Charentes.
Quel rassemblement?
L'obstacle du premier tour passé, Ségolène Royal
se retrouve face à la nécessité du
rassemblement, contrainte à donner des gages
tant à la gauche de la gauche qu'aux électeurs
centristes, confortés par le score de leur
champion, François Bayrou, consacré troisième
homme de la présidentielle 2007.
Avec plus de 25% des suffrages, elle dépasse le
total des voix (23,83%) qui s'étaient réparties
en 2002 sur Lionel Jospin, Jean-Pierre
Chevènement et Christiane Taubira, les candidats
du MRC et du PRG aujourd'hui rangés derrière le
PS.
Selon les résultats partiels, les six candidats
de gauche à côté de Ségolène Royal obtiennent en
cumulé un peu moins de 11% des suffrages. En
additionnant le score de la candidate
socialiste, son étiage atteint 36%.
Dominique Voynet (Verts), Arlette Laguiller
(Lutte ouvrière), Marie-George Buffet (PCF) ont
immédiatement après les résultats appelé à voter
pour Ségolène Royal.
José Bové a de son côté demandé aux Français de
faire barrage au candidat de l'UMP et Olivier
Besancenot les a appelés à "battre la droite
dans la rue et dans les urnes".
Gérard Schivardi, candidat soutenu par le Parti
des travailleurs, est le seul à gauche à ne pas
avoir donné de consigne de vote pour le de
deuxième tour.
En 2002, les sept candidats de gauche hors PS
avaient obtenu 26,71% des voix, Lionel Jospin
réunissant sur son nom 16,18% des suffrages,
soit un total de 42,89%.
Le PS, "Maison du renouveau"
La victoire est "à portée de main", a déclaré
François Hollande depuis la tribune de
Solférino, tout en concédant que le PS ne
disposait pas de "beaucoup de réserve" de voix.
Le 6 mai prochain, jour du deuxième tour, la
France aura "un choix clair entre deux voies
très différentes", s'est félicitée Ségolène
Royal, douze ans après l'affrontement entre
Lionel Jospin et Jacques Chirac.
"J'appelle ce soir au rassemblement de toutes
celles et ceux (...) qui veulent que la France
fasse triompher la République du respect",
a-t-elle déclaré, tendant "la main à toutes
celles et ceux qui pensent comme (elle) non
seulement possible mais urgent de quitter un
système qui ne marche plus" et qui se
"reconnaissent dans les valeurs" de son "pacte
présidentiel".
Dès avant le premier tour, plusieurs
personnalités socialistes, dont Michel Rocard,
avaient appelé à une alliance avec l'UDF pour
contrer, selon les mots de l'ancien Premier
ministre socialiste, la "coalition entre Nicolas
Sarkozy et Jean-Marie Le Pen".
Exclu de "négocier avec qui que ce soit!", a
prévenu François Hollande sur TF1. "Cela n'est
pas la démarche d'une élection présidentielle".
Loin des "accords de parti" ou des
"négociations", Dominique Strauss-Kahn souhaite
que "la victoire au deuxième tour de Ségolène
Royal ne se fasse pas uniquement sur le rejet de
Nicolas Sarkozy mais sur une volonté de
changement de construire cette maison du
renouveau".
Partisan d'un ancrage plus à gauche pour le PS
et farouchement opposé à une alliance au centre,
Laurent Fabius a estimé que le "vote utile"
avait joué à plein dimanche, cinq ans après
l'élimination de Lionel Jospin dès le premier
tour.
"Maintenant, les choses s'ouvrent pour un
deuxième tour qui n'est pas acquis", a déclaré
l'ancien Premier ministre sur France 2. |