Le présentant une
nouvelle fois comme une "femme libre" face à un
"peuple libre", Ségolène Royal a appelé les
Français à faire le choix "de l'audace et de la
sérénité" en la portant, le 6 mai prochain, à la
tête de l'État.
Lors d'une déclaration d'une dizaine de minutes
dans son fief électoral de Melle, dans les
Deux-Sèvres, la candidate socialiste a tendu "la
main à toutes celles et ceux qui pensent comme
(elle) non seulement possible mais urgent de
quitter un système qui ne marche plus" et qui se
"reconnaissent dans les valeurs" de son "pacte
présidentiel".
"Notre victoire est possible", a souligné la
première femme à avoir une vraie chance
d'accéder à l'Élysée. "Ce sont nos idées, notre
idéal qui vont gagner car ils sont (...) au
service de la paix civile".
"J'appelle ce soir au rassemblement de toutes
celles et ceux (...) qui veulent que la France
fasse triompher la République du respect", a
poursuivi Ségolène Royal, arrivée en deuxième
position derrière Nicolas Sarkozy.
"Je continue à faire le pari de l'intelligence
des Français et je refuse de cultiver les
peurs", a insisté la présidente de la région
Poitou-Charentes devant des centaines de
militants réunis dans une école maternelle de la
ville.
"Je comprends la déception de toutes celles et
ceux dont le ou la candidate n'est pas au second
tour mais je voudrais leur dire ceci: je serai
la présidente d'un État impartial", a-t-elle
promis, attaquant implicitement le projet de
société de l'ancien ministre de l'Intérieur.
"Conjurer les démons du déclin"
"Nous sommes nombreux (...) au-delà de notre
vote de premier tour à ne pas vouloir d'une
France dominée par la loi du plus fort ou du
plus brutal (...) et verrouillée par les
puissances de l'argent où tous les pouvoirs sont
concentrés entre peu de mains, toujours les
mêmes", a-t-elle estimé.
"Je suis une femme libre comme vous êtes un
peuple libre. Je ne suis l'otage d'aucun clan,
d'aucun groupe de pression d'aucune puissance
financière", a fait valoir la candidate du PS,
du PRG et du MRC.
Après avoir remporté un score équivalent à celui
de François Mitterrand en 1981, Ségolène Royal a
invité les Français "à inventer une France
neuve, à la fois protectrice et dynamique (...)
à la fois fraternelle et conquérante et qui
permet à chacun de construire et de réussir sa
vie". Une "démocratie où l'on respire
librement", une "République refondée et non
garrottée", un État "exerçant une autorité juste
et ferme".
"A vous qui m'avez apporté si nombreux vos
suffrages, je vous exprime ma joie et ma
profonde gratitude. Je n'en tire aucune gloire
personnelle. Vous me donnez une responsabilité
majeure celle de porter le combat du changement
pour que la France se relève (...) qu'elle
retrouve son optimisme et qu'elle fasse le choix
de l'audace et de la sérénité", a-t-elle ajouté.
"Venez hommes et femmes de France, de tous âges,
de tous milieux, de tous territoires et toutes
origines! Venez forces vives de notre belle
nation! Serrons-nous les coudes! Ensemble nous
allons rendre le sourire à notre pays. Ensemble
nous allons conjurer les mauvais démons de la
déprime et du déclin", a-t-elle lancé. |