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Plus habituée aux
succès discrets des orchestres de chambre, la
salle Gaveau a littéralement tremblé, dimanche
soir, sous les hourras des supporters de Nicolas
Sarkozy.
Un millier de fans - sans compter tous ceux
restés dehors, faute de place - se sont
bruyamment réjouis, à 20 heures, du bon résultat
de leur candidat.
Les "On est en
finale, on est en finale" répondaient aux
tonitruants "Ségo à Poitiers, Nicolas à l’Elysée"
dans une ambiance surchauffée, noyée dans les
drapeaux tricolores. Puis Nicolas Sarkozy monta
sur l’extrade pour donner sa première allocution
du second tour. Après avoir salué "la victoire
de la démocratie" dont témoigne le taux élevé de
participation, le champion de la droite a appelé
à un débat clair avec Ségolène Royal pour que
les Français puissent choisir entre "deux
projets de société, deux systèmes de valeurs,
deux idées de la nation".
Visiblement ému, il a souhaité "rassembler le
peuple français autour d’un nouveau rêve
français". Nicolas Sarkozy s’est
particulièrement adressé à "la France qui donne
beaucoup et qui ne reçoit pas" et à celle "qui
est exaspérée et qui souffre", clins d’œil aux
électeurs de François Bayrou et à ceux de
Jean-Marie Le Pen.
Car le président de l’UMP doit rallier une bonne
part des voix de ses deux concurrents éliminés
s’il veut l’emporter au soir du 6 mai. Il lui
faut donc "recentrer" son discours sans se
couper des électeurs frontistes.
Pragmatique, l’ancien ministre de l’Intérieur ne
peut par ailleurs ignorer que le score important
du leader de l’UDF scelle l’échec du grand parti
unique de la droite et du centre. L’organisation
du paysage politique de l’après-présidentielle,
notamment pour les législatives, pèsera lourd
dans le soutien, ou non, des partisans de
Bayrou. N’en déplaise au candidat centriste, il
devra, cette fois, prendre en compte l’avis des
parlementaires qui l’ont soutenu. Et beaucoup
d’entre eux savent que leur réélection passe par
un accord avec l’UMP. |