La
candidate était en Bretagne où elle a dénoncé
"l'arrogance" de Nicolas Sarkozy et a mis en
cause les groupes ( de médias) Bouygues et
Lagardère qui relaient selon elle "des tracts
électoraux".
"Ne vous laissez pas démobiliser par les
sondages, par les médias amis du pouvoir",
"faisons mentir tous ces sondages et leurs
relais",a-t-elle lancé.
Toujours à Lorient, la candidate a appelé les
Français à "refuser tous les mensonges et toutes
les haines" et à se "dresser contre tous les
systèmes (...), contre tous les pouvoirs
concentrés". Elle a affirmé que Nicolas Sarkozy
est celui de "Bush, Aznar et Berlusconi", le
candidat de "l'arrogance" qui croit déjà qu'il a
gagné.
"Dressez-vous pour la morale publique,
dressez-vous pour une France forte (...),
dressez-vous pour la lumière ! Refusez l'esprit
de revanche, refusez tous les mensonges et
toutes les haines! En avant! Nous pouvons
gagner, nous allons gagner!", a-t-elle ajouté.
Plus tard, sur la place de l'Hôtel de Ville de
Rosporden, Mme Royal a appelé "le peuple"
vendredi à se saisir de son bulletin de vote,
parce qu'"il faut une participation massive pour
que la France se relève".
"C'est vous qui allez décider de votre vote, et
certainement pas le candidat du Medef et du CAC
40. J'entends Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis
Borloo et François Fillon qui se disputent pour
aller à Matignon. Eh bien, on va les mettre
d'accord: dimanche c'est à nous de gagner",
a-t-elle lancé.
Pour sa dernière journée de campagne, Ségolène
Royal se rendait en Bretagne, où un meeting est
prévu à Brest en fin de journée. Elle est
également invitée du 19/20 de France 3, tandis
que Dominique Strauss-Kahn lui apportera son
soutien, en meeting vendredi soir à Grenoble.
A minuit, la campagne présidentielle pour le
second tour de l'élection présidentielle sera
close.
La candidate socialiste s'est également exprimée
dans plusieurs médias vendredi.
Interviews tous azimuts
Vendredi matin sur RTL, elle a appelé au vote
massif des Français pour faire "mentir les
sondages" qui la donnent perdante face à Nicolas
Sarkozy et pour qu'ils "ouvrent les yeux".
Ségolène Royal a ajouté que la candidature de
Nicolas Sarkozy constitue un "risque" pour la
France, précisant qu'en cas de victoire
du"candidat de la droite dure", "il y aura des
tensions très fortes dans le pays".
Interrogée par un journaliste sur ses projets en
cas de défaite, Mme Royal l'a mis en garde :
"Arrêtez de conditionner les électeurs sans
arrêt ; arrêtez de vous laisser formater par les
sondages, laissez les électeurs choisir !".
"Moi, je leur demande, a poursuivi la candidate,
de venir voter massivement et aussi de se
révolter contre cette façon de faire qui
consiste à dire que puisque les sondages ont
parlé, les urnes ont parlé". Pour Ségolène
Royal, c'est l'évidence : "le seul sondage qui
vaille", c'est le vote des Français.
Un message qu'elle a répété en fin de matinée à
Lorient, lors de son dernier déplacement de
campagne. "Les Français ne doivent pas se
laisser matraquer par les sondages, a-t-elle
insisté, il y encore 30% d'électeurs qui
s'interrogent".
Une charge contre des médias
La candidate s'est aussi lancée, au micro de
RTL, dans une diatribe contre les médias des
groupes Bouygues et Lagardère, dont la
couverture de la campagne électorale est, selon
elle, influencée par les liens de leurs
dirigeants avec Nicolas Sarkozy.
Et de souligner qu'elle-même n'est "liée à
aucune puissance financière, à aucun système
médiatique qui fonctionnent comme de véritables
tracts".
"Je regardais hier les informations sur LCI
(filiale de TF1-groupe Bouygues -ndlr). Le
résumé qui était fait du débat que nous avons eu
ensemble, à croire cette chaîne, c'est moi qui
avais tout faux et Nicolas Sarkozy qui avait
tout juste", a-t-elle déclaré, précisant que
plusieurs erreurs du candidat de l'UMP, lors du
débat de mercredi soir, n'avaient pas été
évoquées.
"Il a des relais extrêmement puissants dans les
médias avec le groupe Bouygues, Bouygues qui est
le parrain de son fils, le groupe Lagardère...",
s'est indignée Ségolène Royal.
Au journaliste qui lui faisait valoir que les
capitaux possédant les groupes de médias ne
perturbent pas le travail journalistique, elle a
répondu : "Si, ça affecte le travail, vous le
savez très bien !".
On se souvient que le candidat centriste
François Bayrou avait de la même manière dénoncé
avant le premier tour, les relations entre le
président de l'UMP et les principaux groupes de
médias français.
"Sarkozy imite Bush" selon Mme Royal
Interviewée également par "Le Parisien" sur une
double page, la candidate de la gauche affirme à
la une : "Avec moi, il n'y a aucun risque ...".
A propos du débat de mercredi soir, elle déclare
qu'elle a trouvé Nicolas Sarkozy "désinvolte" à
propos du viol des policières en
Seine-Saint-Denis.
Et poursuit : Nicolas Sarkozy "imite George W.
Bush dans cette technique du compassionnel
conservateur. On pleure sur les gens. On utilise
les faits divers et lorsqu'on est aux
responsabilités, on n'agit pas pour le présent
et on promet pour demain".
Ultime montée en ligne avant le verdict des
urnes
Jean-Louis Bianco, l'un des deux directeurs de
campagne de Ségolène Royal, a estimé vendredi
que la victoire de la candidate socialiste était
encore possible", accusant Nicolas Sarkozy
d'"incarner une France divisée".
Alors que l'écart dans les sondages se creuse au
profit du candidat UMP, Jean-Louis Bianco a fait
valoir sur Europe 1 que "les sondages indiquent
la réalité d'aujourd'hui, ils n'indiquent pas le
vote de demain". Il a ajouté que si elle était
élue présidente dimanche, Mme Royal aurait
"évidemment un rôle décisif pour avoir une
majorité" lors des législatives des 10 et 17
juin.
Quant à Lionel Jospin, candidat socialiste
malheureux en 2002, il appelle à faire barrage à
Nicolas Sarkozy. Dans un meeting à Pessac en
Gironde, l'ancien premier ministre a déclaré :
"La seule suggestion que je puisse faire à
François Bayrou et à ceux qui ont voté pour lui,
est celle-ci : compte-tenu des dénonciations que
vous avez formulées sur les méthodes de Nicolas
Sarkozy, sur sa conception du pouvoir, je ne lui
faciliterais pas l'accès à ce pouvoir". |