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Le président du
Front national, qui a perdu près d'un million de
voix par rapport à 2002, entretient le suspense
sur sa position pour le second tour, qu'il
compte annoncer officiellement le 1er mai.
Poser des conditions
Celle-ci sera examinée dans l'après-midi par le
bureau exécutif et le bureau politique, une
cinquantaine de cadres qui devraient avoir "un
avis assez uniforme" sur une décision
susceptible de déboucher sur un non-choix entre
les candidats UMP et PS, dit-on à la direction
du FN.
Bruno Gollnisch, numéro deux du FN, a indiqué
lundi matin que Jean-Marie Le Pen pourrait poser
des conditions avant d'appeler éventuellement à
voter pour Nicolas Sarkozy. Mais cette hypothèse
a peu de chances de se concrétiser si l'UMP s'en
tient à sa position de dimanche soir.
Question de succession relançée
Jean-Marie Le Pen, 78 ans, rêvait de rééditer le
scénario de 2002, qui l'avait vu se qualifier
pour le second tour, pour ce qui devrait être
probablement sa dernière campagne, bien qu'il
ait refusé d'évoquer une prochaine retraite.
Arrivé en quatrième position dimanche avec
10,51%, le président du FN a recueilli 3,8
millions de voix contre 4,8 millions (16,86%) en
2002, année où la participation avait été de
plus de 12 points inférieure à cette année. Il
retrouve ainsi son niveau d'il y a vingt ans, un
recul qui pourrait relancer la question de sa
succession au lendemain des législatives de
juin. Jean-Marie Le Pen déclarait il y a peu
vouloir briguer un nouveau mandat à la tête du
parti d'extrême droite lors du prochain congrès
prévu fin 2007.
Un électorat désorienté
Le président du FN, qui avait prédit un
"tsunami" en sa faveur, s'est efforcé de sauver
la face dimanche soir en esquissant quelques pas
de danse." Rares sont les militants ou
sympathisants à l'avoir critiqué, mais il a pris
le risque de désorienter une partie de son
électorat traditionnel en menant une campagne "gaucho-lepéniste"
en direction des banlieues et de l'électorat
immigré.
Les efforts de Marine Le Pen, sa directrice de
campagne, pour assagir l'image de son père n'ont
pas empêché une partie des électeurs frontistes
- de 20% à 25% selon plusieurs études - de se
tourner dès le premier tour vers Nicolas
Sarkozy, qui a sans doute bénéficié de sa
jeunesse et d'un réflexe de vote utile en sa
faveur.
Pour accréditer l'idée qu'une carte était encore
jouable aux législatives, tous les dirigeants du
parti d'extrême droite ont affirmé avoir gagné
la "bataille des idées." "Nous sommes le
laboratoire d'idées de cette Ve république
finissante", a ainsi déclaré Bruno Gollnisch,
soulignant que Nicolas Sarkozy avait par exemple
repris le thème de l'identité nationale. |