Nicolas Sarkozy et
Ségolène Royal lancent la bataille pour le
second tour de l'élection présidentielle dont
l'UDF, avec ses 6,75 millions d'électeurs (18,
55% des voix), détient en partie les clés.
"Nous ne sommes pas à vendre!"
Converti en faiseur de roi, le candidat
centriste laisse planer le suspense sur ses
intentions jusqu'à sa conférence de presse de
mercredi. "François Bayrou s'exprimera cette
semaine mais une chose est sûre: nous ne sommes
pas à vendre !", prévient la directrice de
campagne du président de l'UDF, Marielle de
Sarnez, dans un entretien au
Parisien-Aujourd'hui en France.
Esquissées dès dimanche soir, les manoeuvres de
rapprochement de l'UMP et du PS en direction de
l'UDF se précisent prudemment.
La porte de l'UMP "ouverte à l'UDF"
Tête chercheuse de l'UMP, le ministre de
l'Emploi et de la Cohésion sociale, Jean-Louis
Borloo, a jugé "indispensable" la présence
"massive" de ministres centristes dans le futur
gouvernement si Nicolas Sarkozy est élu le 6
mai. Le ministre délégué aux Collectivités
territoriales, Brice Hortefeux, a déclaré sur
France Inter que la porte était "naturellement
ouverte" à l'UDF et que les valeurs portées par
François Bayrou étaient "naturellement mieux
défendues" par Nicolas Sarkozy que par Ségolène
Royal. François Fillon, conseiller politique de
Nicolas Sarkozy, a annoncé sur RTL la
constitution d'un "pôle centriste" et d'un "pôle
de gauche" pour flanquer le "pôle UMP", qui a
vocation à être le noyau dur d'une éventuelle
majorité présidentielle.
Le PS veut "rassembler large"
Au Parti socialiste, on insiste sur la nécessité
- et la possibilité - de "rassembler large" face
à une arithmétique électorale théoriquement
défavorable à Ségolène Royal. "Il y a aussi dans
l'électorat de François Bayrou des hommes et des
femmes qui ont voulu le changement, qui
croyaient même en votant Bayrou battre Sarkozy",
a déclaré François Hollande sur France 2.
Le premier secrétaire du PS estime que Ségolène
Royal dispose d'ores et déjà d'un potentiel de
38% compte tenu des reports annoncés de la
gauche de la gauche. En 1995 et 2002, la gauche
avait été battue au second tour alors qu'elle
disposait d'environ 40% des voix.
"Si Ségolène Royal se laisse enfermer dans un 'droite-gauche'
- c'est ce que veut (Nicolas) Sarkozy - elle a
perdu. Elle perdra honorablement, elle fera 46,
47, même peut-être 48% mais elle ne peut pas
gagner", a jugé sur i-Télé Daniel Cohn-Bendit,
qui avait appelé à une alliance PS-UDF-Verts
avant le premier tour.
53% des suffrages bayrouistes pour Sarkozy
D'après les enquêtes réalisées avant le premier
tour sur l'hypothèse d'un duel Sarkozy-Royal, la
candidate socialiste pouvait compter sur le
report de près de quatre électeurs bayrouistes
sur dix. Le candidat de l'UMP pouvait pour sa
part disposer de 53% des suffrages bayrouistes
et de 65% des voix d'extrême droite, selon les
instituts.
Les sondages diffusés depuis dimanche soir sur
les intentions de vote pour le second tour
donnent pour l'heure Nicolas Sarkozy gagnant. |