|
Quels sont
les effets des armes nucléaires ?
Effet de souffle :
Quel que soit le type de bombe utilisé,
la plus grande partie des dégâts qu'elle
provoque résulte de l'effet de souffle.
Car, outre les éventuels incendies qui
peuvent apparaître, c'est la très rapide
dilatation des matériaux de la bombe qui
produit une impulsion haute pression
appelée onde de choc qui se propage
rapidement vers l'extérieur de l'engin.
Dans l'air, cette onde de choc est
appelée souffle parce qu'elle est
semblable à un ouragan et est
accompagnée de vents extrêmement
violents. Les dommages sont causés par
les forts vents qui persistent après le
passage de l'onde.
Le rayon de la zone endommagée s'accroît
exponentiellement avec la puissance de
la bombe. Explosant à une hauteur
optimale, une bombe de 10 mégatonnes
sera 1000 fois plus puissante qu'une
bombe de 10 kilotonnes, alors que le
rayon de son souffle sera lui 10 fois
plus grand.
A Hiroshima, l'effet de souffle avait
laissé des débris qui, d'une part
contribuaient à entretenir les
incendies, et d'autre part interdisaient
l'accès aux pompiers. Ainsi, la plupart
des dégâts dus aux incendies étaient un
effet secondaire du souffle.
Effet thermiques :
Les très hautes températures atteintes
dans une explosion nucléaire résultent
de la formation d'une masse de gaz
incandescent ressemblant à une boule de
feu. Pour une explosion de 10 kilotonnes
dans l'atmosphère, la boule de feu
atteint un diamètre d'environ 300 m.
Pour une bombe de 10 mégatonnes, la
boule de feu peut atteindre 4 kilomètres
de diamètre. Un flux thermique est émis
par la boule de feu et se propage sur
une large zone, mais avec une intensité
décroissante en fonction de
l'éloignement. La quantité de chaleur
reçue à une certaine distance d'une
explosion nucléaire dépend de la
puissance de la bombe et de l'état de
l'atmosphère. Si la visibilité est
faible ou si l'explosion a lieu dans les
nuages, l'effet calorifique du flux est
diminué. Le rayonnement thermique peut
provoquer des brûlures sur la peau
(coups de soleil).
Une explosion de 10 kilotonnes peut
provoquer des brûlures du second degré
sur 2,5 km du point zéro. Pour une bombe
de 10 mégatonnes, la distance
correspondante serait de plus de 32 km.
Même plus loin, des brûlures plus
légères pourraient être constatées sur
la peau nue. La plupart des vêtements
protègent contre les radiations
thermiques, de même que presque tout
objet opaque. Les coups de soleil ne se
produisent que si la peau est
directement exposée ou si les vêtements
sont trop fins pour absorber la chaleur
de la radiation.
Le rayonnement thermique peut lui aussi
mettre le feu à des matériaux secs ou
inflammables et des incendies peuvent se
propager si des conditions favorables
sont réunies. Les témoignages recueillis
après les explosions de bombes A sur le
Japon ont montré que beaucoup
d'incendies, particulièrement près du
point zéro, avaient pour origine des
causes indirectes comme des
courts-circuits, des ruptures de
conduites de gaz et des avaries de
chaudières industrielles.
Sous certaines conditions réunies à
Hiroshima, mais pas à Nagasaki,
plusieurs feux localisés se sont combiné
pour atteindre l'ampleur d'un incendie
de forêt. La chaleur dégagée a provoqué
un puissant courant d'air ascendant qui
a généré des vents violents vers le
centre de l'incendie. Ces vents ont
attisé les flammes et transformé la zone
en brasier où tout ce qui était
inflammable a été détruit. Mais comme
les flammes étaient aspirées vers
l'intérieur, l'étendue de l'incendie a
pu être limitée.
Radiations nucléaires :
En plus du souffle et de la chaleur,
l'explosion d'une bombe nucléaire laisse
des radiations pénétrantes de nature
tout à fait différentes des radiations
thermiques. Absorbées par le corps, les
radiations nucléaires peuvent provoquer
de sérieux dommages. La moitié de
l'énergie libérée par la fission de
l'atome produit, par effet de souffle,
d'immenses ravages. Le reste est dissipé
en chaleur et en radiations. L'explosion
nucléaire détermine deux émissions de
chaleur.
Extrêmement courte (de l'ordre du
dixième de seconde), la première est
absorbée par l'atmosphère et n'a pas de
grands effets. Mais la deuxième, qui
dure plusieurs secondes, exerce
d'importantes destructions, et à
plusieurs kilomètres de distance, les
effets thermiques sont d'autant plus
redoutables que le souffle n'est plus
assez fort pour détruire. Par ailleurs,
l'explosion d'une bombe produit des
substances radioactives dont la période
va de quelques minutes à plusieurs
années. A Hiroshima et à Nagasaki, où
les bombes ont explosé à haute altitude,
il a été établi que seule une
radioactivité très faible était restée
au sol. Pourtant, beaucoup d'individus
qui se trouvaient à l'abri du souffle et
de la chaleur ont succombé plus tard aux
blessures causées par ces radiations.
Par contre, après l'explosion
sous-marine expérimentale de Bikini de
1946, une radioactivité intense a duré
plusieurs mois dans l'eau et sur les
navires qui avaient reçu le déluge d'eau
"activée". Parmi les substances
radioactives provoquées par l'explosion
d'une bombe à fission, une est très
proche du calcium. Elle est hautement
cancérigène et se fixe, comme lui aux os
du corps humain. C'est pour cette raison
qu'une guerre nucléaire serait forcément
aussi biologique, bien que des efforts
soit fait dans la création de bombes
"propres".
Si une explosion nucléaire se produit
près de la surface, de l'eau ou de la
terre est emportée dans le champignon
atomique et contaminée par les résidus
radioactifs de la bombe. La matière
contaminée commence à retomber au bout
de quelques minutes et continue pendant
environ 24 heures, arrosant plusieurs
milliers de km2. Cela constitue les
retombées initiales, qui représentent un
risque immédiat pour les vies humaines.
Il n'y a pas de retombées immédiates
consécutives aux explosions à haute
altitude, mais, si une bombe nucléaire
explose au-dessus du sol, les résidus
radioactifs s'élèvent à une grande
altitude dans le nuage en forme de
champignon et redescendent
progressivement sur une grande étendue.
Les conséquences des retombées
radioactives sur l'homme sont mal
connues. Les principaux cas répertoriés
sont ceux de pêcheurs et d'Islandais
exposés accidentellement aux retombées
de l'explosion de 15 mégatonnes du 1er
mars 1954. Cependant, la nature de la
radioactivité et l'immensité des zones
susceptibles d'être contaminées par une
seule bombe font des retombées
radioactives, sans aucun doute, l'effet
le plus mortel des armes nucléaires.
Les radiations nucléaires consécutives à
une explosion peuvent être divisées en
deux catégories : les immédiates et les
résiduelles. Les radiations immédiates
sont constituées d'une émission
instantanée de neutrons et de rayons
gamma ont des effets semblables aux
rayons x. Les neutrons et les rayons
gamma peuvent pénétrer les matériaux
solides, c'est pourquoi le matériel
utilisé dans cet environnement doit
avoir un blindage d'épaisseur
suffisante.
Les radiations nucléaires résiduelles,
connues sous le nom de retombées
radioactives, peuvent toucher des zones
étendues et même non directement
concernées par les autres effets de
l'explosion. Dans les bombes qui
obtiennent leur énergie de la fission de
l'uranium 235 et du plutonium 239, deux
noyaux radioactifs sont créés pour
chaque noyau de Matière fissile brisé.
Ces produits de fission participent à la
radioactivité résiduelle des débris de
la bombe car leur demi-durée de vie se
chiffre en jours, en mois ou en années.
Effets sur le climat :
A côté des dommages dus au souffle et
aux radiations, une confrontation
nucléaire entre des nations pourrait
avoir un effet catastrophique sur le
climat. Cette hypothèse, proposée dans
une publication d'un groupe
international de scientifiques en
décembre 1983, est connue sous le nom de
"théorie de l'hiver nucléaire". Selon
ces scientifiques, l'explosion de moins
de la moitié des têtes nucléaires des
Etats-Unis et de la Russie rejetterait
d'énormes quantités de poussières. La
couche d'ozone pourrait être affectée,
favorisant des dégâts supplémentaires à
long terme du fait de l'absence de
filtration des rayons ultraviolets du
soleil.
source :
Suivre
le guide
Les effets précédemment décris, laissent
à supposer qu'une bande magnétique
située dans une zone d'explosion
nucléaire, a peu de chance de sortir
indemne.
|